Le débat sur la santé continue d’enflammer la campagne pré-présidentielle.

Le 23 novembre, Alain Juppé avait attaqué François Fillon, qui évoquait de façon floue (et quand c’est flou, vous savez la suite) une évolution du partage des rôles entre assurance-maladie et complémentaires santé. Pendant un mois, le sujet a collé au doigt du candidat des Républicains. C’est maintenant la gauche qui rouvre le débat. Contre la privatisation supposée, elle propose l’étatisation. Avec des nuances, Jean-Luc Mélenchon, Arnaud Montebourg, Manuel Valls et Martin Hirsch, patron des Hôpitaux de Paris, envisagent plus ou moins la disparition des mutuelles, des assureurs et instituts de prévoyance. Ils expliquent que l’État gérerait et rembourserait mieux. Le 1er paradoxe est qu’en allant sur ce terrain, la gauche valide ce que disait Fillon, à savoir : il y a un vrai sujet à discuter - même si elle apporte une solution inverse. Le 2ème paradoxe est la rupture entre le monde mutualiste et la gauche, très longtemps très proches. C’est le monde à l’envers : ce sont Fillon et Macron qui défendent les mutuelles. La 3ème remarque est que, oui, les frais de gestion des complémentaires sont plus élevés que ceux de l’assurance-maladie et qu’une pression doit être exercée pour qu’ils baissent. Mais il faut rappeler que c’est le système public de santé qui est en déficit et traîne une dette élevée, pas les acteurs privés ! Et attention aux ordres de grandeur : l’économie de 6 milliards d’euros sur les frais de gestion envisagée correspond à 3 % des dépenses maladie, qui progressent ordinairement de 2 % par an. Donc, cela ne changerait paqs grand chose. D’où la question : est-ce beaucoup de bruit pour rien ?

Et votre réponse ?

C’est à chacun de nos auditeurs d’apporter sa réponse, elle est politique. Ce qui est vrai, c’est qu’il y a une drôle de propension chez nous à chercher et adorer les solutions-miracles, qui vont tout résoudre d’un coup. A gauche, les 35 heures, le revenu universel, l’étatisation de la santé. A droite, la baisse du nombre de fonctionnaires, la suppression de l’ISF ou le contrat unique de travail. Hélas, on constate en regardant autour de nous que c’est un ensemble de mesures très diverses qui changent la donne, il n’y a pas de baguette magique et les grands soirs entraînent souvent la gueule de bois le lendemain.

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