Ce matin : tiens donc, l’image des entreprises s’améliore en France.

Elle  s’améliore mais le niveau d’exigence des Français à leur égard augmente  aussi. C’est le résultat d’un sondage Elabe pour l’Institut de  l’entreprise pour Le Parisien Magazine. On ne va pas se noyer dans les  chiffres, mais il faut retenir que 71% des Français ont une assez bonne  ou bonne image des entreprises. C’est évidemment une moyenne et les  ouvriers et les chômeurs sont en dessous, les cadres au-dessus. Mais  c'est au total élevé. D’une certaine façon, une page se tourne, celle de  la décennie de crise 2008-2017. 

Ce  qui est intéressant aussi est de constater que les toutes petites  entreprises ont une super-cote, que les PME à peine moins, mais que plus  d’un Français sur deux a une mauvaise image des grandes entreprises.  C’est un gros problème pourelles : elles sont des champions mondiaux,  emploient des millions de salariés, mais ne sont pas aimées. Alors,  elles incriminent les médias et les politiques qui regardent de travers  leurs bénéfices et les dénigrent.Peut-être un peu, mais c’est court  comme explication. Les responsabilités sont partagées. 

En  face de cette image globalement meilleure, les attentes grimpent et se  précisent dans une économie dont tout le monde sait qu’elle change vite.  En tête des exigences-le mot n’est pas trop fort-des Français : un, que  les entreprises forment aux métiers de demain ; deux, qu’elles  partagent mieux les profits.

Et c’est là qu’il faut dévoiler les coulisses de cette enquête.

Elle  n’arrive pas par hasard. Elle intervient au moment où Emmanuel Macron  lui-même a ouvert un débat sur la finalité des entreprises : à quoi, à  qui, servent-elles ? A leurs propriétaires, le sactionnaire ou  doivent-elles se préoccuper de l’intérêt général (social, environnement,  égalité hommes-femmes etc.) ? Macron a confié au patron de Michelin et à  Nicole Notat un travail sur ce sujet, mais le patronat se divise comme  rarement. Or, l’Institut de l’entreprise est présidé par Antoine Frérot,  le patron de Véolia, qui (lui) milite ardemment pour élargir y compris  dans le droit le rôle de l’entreprise. Il est minoritaire face au Medef  et à ses pairs du CAC40 mais son sondage apporte de l’eau à son moulin en  montrant que l’économie de marché est sous haute surveillance, qu'il y a  des failles. 

S’il  ne faut pas exagérer sa portée concrète notamment parce que la France  est hors concours pour les règlementations qui s’imposent aux  entreprises, c’est un débat passionnant et on ne doute pas qu’il traverse  les belles sociétés bretonnes comme Armorlux, Le Duff, Bigard, Roulier,  Even ou Piriou. 

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