L’autorité de la concurrence a levé hier le dernier obstacle, en validant le rapprochement entre Darty et la Fnac. Est-ce vraiment la fin du feuilleton ?

La Fnac et Darty vont pouvoir convoler en justes noces. L’autorité de la concurrence a levé hier le dernier obstacle, en validant leur rapprochement. Est-ce vraiment la fin du feuilleton ?

Oui cette fois c’est vraiment gagné pour la Fnac qui avait lancé cette bataille, rendez-vous compte, il y a déjà près d’un an. L’enseigne culturelle a dû convaincre les dirigeants de Darty, surmonter la surenchère de Conforama, trouver les financements, et, enfin, amadouer le gendarme de la concurrence. C’est un verrou essentiel qui a sauté hier. La Fnac et Darty craignaient d’avoir à céder une quarantaine de magasins au profit de leurs concurrents. Au final, il n’y en aura que six, sur plus de 400 !

Pourquoi une telle clémence ? C’est un point essentiel : pour calculer les parts de marché, l’autorité de la concurrence a pris en compte non seulement les magasins mais aussi les sites de e-commerce. Au premier rang desquels le géant Amazon. ça change tout. Et de fait, si la Fnac s’est tant battue pour s’allier avec Darty, c’est justement pour survivre face à ces concurrents internet, qu’ils soient ce qu’on appelle des pure players comme Amazon ou qu’ils soient des filiales de la grande distribution, comme Auchan avec Boulanger, ou Casino avec CD discount.

En quoi le rapprochement de la Fnac et de Darty va-t-il changer la donne ?

C’est sûr, marier l’ex fédération nationale des achats des cadres, créée en 1954, et l’enseigne fondée par les frères Darty trois ans plus tard, ça fait pas très sexy. Alors pourquoi ce mariage ? Il y a bien sûr les économies d’échelle habituelles, la complémentarité des produits, mais l’objectif c’est surtout de devenir un leader des ventes digitales. Car les deux groupes ont déjà entamé le virage du e-commerce. A eux 2, ils pèseront plus d’un milliard de chiffre d’affaires en ligne. En fait, il ne faut pas opposer les magasins « en dur » et l’internet. Les ventes qui progressent le plus, ce sont les commandes en ligne que l’on vient chercher au magasin le + proche. Avec un catalogue bien plus large et un réseau bien plus dense, ça change beaucoup de choses.

Alors, la Fnac est-elle sauvée pour de bon ?

Attention, Alexandre Bompard, le patron de la Fnac, n’est pas du tout au bout de ses peines. Parce qu’il a dû s’endetter lourdement, et qu’il a promis des synergies très fortes. Il va maintenant falloir les réaliser pour rembourser. Et il est attendu au tournant par les syndicats, qui craignent des suppressions d’emplois. Il lui faut aussi réussir à créer une culture d’entreprise commune, ce qui ne sera pas simple entre deux marques très différentes. Sachant que chez Darty, beaucoup préféraient l’option Conforama. Après le mariage, le plus dur commence.

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