Les emplois changent de plus en plus vite et vous avez trouvé un chiffre qui en donne une petite idée.

C’est un chiffre impressionnant : 85% des jeunes qui rentrent aujourd’hui sur le marché du travail occuperont en 2030 des emplois qui n’existent pas encore. Ou pour le dire autrement, ceux qui viennent d’avoir leur premier job ont cinq chances sur six d’exercer dans une douzaine d’années une fonction qui n’apparaît pour l’instant dans aucune liste de métiers.

C’est du moins ce qu’affirme un rapport réalisé par l’Institute for the Future à la demande du fabricant américain d’ordinateurs Dell. Alors bien sûr, l’estimation porte sur les Etats-Unis – mais il n’y a pas de raison de supposer que la donne sera très différente en Europe et en France. Et puis il s’agit par définition d’une évaluation très imprécise. Mais c’est tout de même un indice d’un bouleversement des emplois.

Que faire face à ce saut dans l’inconnu ?

Il y a deux attitudes possibles. La première, c’est de se tenir la tête dans les mains en se disant qu’une telle incertitude est insupportable, que mon dieu, l’automatisation forcenée va détruire tout l’emploi et que c’est la fin du monde. Mais c'est un peu défaitiste, et il aurait été possible de faire le même genre de lamentation infondée au début du XXe siècle, quand la moitié des actifs travaillaient dans l’agriculture contre moins de 3% aujourd’hui.

La deuxième attitude, c’est de se préparer à l’inconnu. Et ça commence par un mot tout simple : for-ma-tion. Une formation solide au départ – pour savoir vraiment lire, écrire, compter, et aussi savoir apprendre. Pas seulement pour une élite, mais pour le plus grand nombre. Laisser près de deux millions de jeunes Français ni en emploi ni en études constitue un gâchis scandaleux. Il faut après une formation tout au long de la vie. Dell le résume à sa manière en expliquant que « la capacité à acquérir de nouvelles connaissances aura plus de valeur que la connaissance elle-même ».

La formation suffit-elle vraiment ?

Non bien sûr, mais c’est une base indispensable. Ensuite, il faut adapter nos règles, notre droit du travail, notre système de retraite à des formes d’emploi bien plus variés que ces dernières décennies. Et puis aider les moins favorisés, qui auront du mal à construire des parcours professionnels moins linéaires.

Reste qu’on voudrait bien savoir quels seront ces satanés emplois de demain. Mais il y a un siècle, personne n’avait deviné qu’il y aurait bientôt des postes d’informaticiens, de webmaster, de responsable du bonheur ou d’animateur radio

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