Le gouvernement a confirmé hier le maintien du gel des salaires des fonctionnaires en 2014. Et pour vous, c’est courageux.

Oui, c’est une décision courageuse, qui n’était pas facile à prendre, surtout pour un gouvernement de gauche, et elle mérite d’être saluée. Après 2011 et 2012 - c’était la droite -, François Hollande a maintenu ce gel cette année, en 2013, et Marylise Lebranchu, a confirmé hier officiellement que cela continuerait en 2014. La ministre de la Fonction publique a ajouté que le dossier pourrait être rouvert l’été prochain, mais c’est presque exclu. Quatre années de gel, c’est une première pour les quelques cinq millions de fonctionnaires de l’Etat, des hôpitaux et des collectivités locales. Le mérite de Marylise Lebranchu est d’avoir été claire et de ne pas avoir tourné autour du pot comme il y a un an à la même époque. Le mérite des fonctionnaires est de consentir cet effort.

Les raisons de ce gel sont connues…

Première raison : la situation des finances publiques ; deuxième raison : la situation des finances publiques ; troisième raison : la situation des finances publiques. On pourrait en ajouter une quatrième, qui est que les fonctionnaires ont la garantie de l’emploi. Mais 1% d’augmentation des salaires représente presque deux milliards d’euros. Evidemment, deux jours avant la conférence sociale sur les retraites, le gouvernement met les pieds sur la table et va tendre le climat avec les syndicats de fonctionnaires ; mais c’est aussi un moyen pour lui de dire au patronat et à la droite : vous réclamez un alignement des retraites du secteur public, regardez les efforts qu’il fait déjà.

Ce gel peut-il durer longtemps ?

En tous cas, il ne peut être éternel. Le gouvernement Fillon baissait le nombre de fonctionnaires, mais en contrepartie distribuait assez généreusement des mesures catégorielles, primes etc. Le gouvernement Ayrault s’est privé de cette poire pour la soif. Alors certes beaucoup de fiches de paie continuent d’augmenter avec l’avancement, l’ancienneté – ce qu’on appelle pompeusement le GVT, glissement vieillissement technicité . Mais cela ne concerne pas tout le monde. Les agents non promus ou ceux au sommet de leur grille - par exemple un enseignant à 45-50 ans, au 11ème échelon – ne gagnent pas un euro de plus qu’il y a trois ans. Pour un jeune enseignant en primaire avec cinq ans d’études et qui se voit rattrapé par le Smic, ce n’est pas tenable.

Vous parlez des jeunes : une autre information les concerne.

C’est une enquête de la conférence des grandes écoles qui porte sur les rémunérations des jeunes diplômés des écoles de commerce et d’ingénieur. Elle apporte une information qui, en plein concours, pourrait décourager des candidats – ce serait dommage. Les salaires proposés aux diplômés aujourd’hui sont de 11 à 15% plus bas, compte tenu de la hausse des prix, que ceux de l’année 2000. Avec les primes, c’est -5%. Pour HEC et Polytechnique, il n’y a pas d’inquiétude à avoir. Mais c’est un changement important, ils ont longtemps été les chouchous des recruteurs. Bien sûr, le malheur des uns ne fait pas le bon heur des autres. Et vice versa.

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