Ce matin, Dominique Seux commente les législatives : le temps de l’action après celui de l’incarnation.

Emmanuel Macron avait réussi son premier mois à l’Elysée avec un quasi sans faute, il a obtenu le 11 juin puis hier, 18 juin, une confirmation de sa victoire. En terme économique, il existe des mots pour le dire : c’est la destruction créatrice et l’ubérisation. La destruction créatrice, c’est une formule de l’économiste autrichien Schumpeter du début du XXème siècle, qui a expliqué comment des anciennes activités étaient sans cesse remplacées par des nouvelles surgies de nulle part et que c’était normal même quand c’est douloureux ; dans la politique française, le processus normal de transformation et de renouvellement des idées et des personnes a été gelé pendant quinze ans, du coup la destruction créatrice est brutale et même violente, En Marche prenant la place laissée vacante par LR et le PS. L’ubérisation maintenant, c’est le contournement du monde politique le plus classique par (dans une certaine mesure) la société civile, avec notamment davantage de députés venant du secteur privé. Voilà les deux réussites d’Emmanuel Macron. Mais, évidemment, à partir de maintenant, sa responsabilité est totale et –pardon de cette banalité- le plus difficile démarre à partir de ce matin précisément.

A-t-il les coudées franches et la légitimité pour agir ?

Son programme sur 32 pages distribué aux Français et disponible sur Internet a été suffisamment précis pour que, oui, il ait cette légitimité - même avec un taux d’abstention élevé. Mais les électeurs ne se sont pas prononcés sur chacune de ses réformes, même quand il les avait détaillées. Ainsi, le principe d’une réforme du droit du travail a reçu un aval, mais un travail d’explications argumentées et d’exemples concrets sur son contenu reste à faire.

Ainsi, la direction a été tracée sur l’Europe, avec une attitude positive mais exigeante sur certains points comme les travailleurs détachés. Mais une définition des priorités sera indispensable. Ainsi, le sens de la hausse de la CSG en contrepartie d’une baisse des cotisations sociales des salariés est validé, mais manifestement un travail de conviction est encore largement nécessaire. Au total, la logique voudrait qu’Emmanuel Macron lui-même s’exprime rapidement devant les Français pour donner le sens de son quinquennat avant même la déclaration de politique générale de son Premier ministre.

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