L'Elysée évoque la poursuite de la réforme des retraites, au moins sa partie redistributive : le régime universel par points. La profondeur de la crise économique et sociale décidera si il y a un espace pour cela.

C’est début juillet qu’Emmanuel Macron présentera son projet pour les deux petites années qui viennent. Il y sera question de la situation économique, d’ambition écologique et sans doute aussi des … réformes. Peut-être celle de l’Etat après la catastrophe sanitaire mais il y aura sans doute aussi surprise surprise, la poursuite de celle des retraites. On la croyait enterrée, certains espéraient qu’elle le soit. En fait, ce ne sera pas le cas. 

- Du projet initial, l’idée serait de conserver le très sucré : les mesures comme le relèvement du minimum contributif, du minimum de retraite ; 

- Du projet initial, l'idée serait encore ce serait encore de garder ce qui est sucré pour les uns, salé pour les autres : la transformation du système en un régime universel par points ; 

- En revanche une croix serait faite sur le 100% salé qui pique : la création du fameux âge-pivot au-dessus des 62 ans. S’il fallait une mesure de financement, ce serait plutôt un allongement de la durée de cotisations. 

Tout cela, on l’avait oublié depuis trois mois, mais souvenez-vous : chacun d’entre nous était devenu un expert en retraite avant de devenir un expert en virus. 

Bref, la partie structurelle de la réforme resterait, la partie financière serait oubliée en tous cas dans sa brutalité. Les partenaires sociaux auraient du grain à moudre puisque ce sont eux qui décideraient si la réforme s’appliquerait à partir de la génération née en 1975 ou seulement aux nouveaux entrants sur le marché du travail. Il y a beaucoup de CFDT compatible dans tout cela.

Mais pourquoi remettre cela sur la table ?

Parce que l’exécutif, enfin l’Elysée, considère que le régime par points est avantageux pour les petits salaires, les carrières hachées, tous ceux que l’on a vu en première ligne ces dernières semaines. Ce qui est vrai. 

Il y a peut-être aussi une analyse un peu cynique de la situation. Jusqu'au Covid 19, les réformes se faisaient dans un contexte de tension sur les finances publiques, en clair à coût constant ou devant rapporter de l'argent. Avec la crise, l'Etat se substitue aux acteurs privés. Les déficits passent au second plan, et au passage ils seront mieux acceptés (enfin tolérés) par nos partenaires européens et notamment l’Allemagne si des réformes de fond sont menées. 

Politiquement, on peut imaginer que le pouvoir n’a pas vraiment envie de finir le quinquennat sur une victoire des syndicats qui ont défendu les régimes spéciaux de retraite. 

Reste à savoir si un tel projet revisité peut se faire avec un Edouard Philippe très volontariste sur l'âge-pivot. Et si la crise et sociale laissera un espace aux réformes et si l’ampleur des trous financiers ne va pas devenir le premier sujet de préoccupation ... . Cela fait beaucoup !

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