Une réunion s’est tenue à l’Elysée lundi soir, et a levé les obstacles qui bloquaient depuis des mois la marche du projet.

Ces obstacles portaient un nom : l’argent. Sur les 8 milliards d’euros nécessaires, il manquait encore 100 à 200 millions que devaient sortir de leur poche certaines collectivités locales. Il faut savoir que 57 communes, départements et régions sont impliquées. Et notamment la Région Poitou-Charentes présidée par Ségolène Royal, qui voulait bien prêter un peu d’argent mais pas plus. Finalement, l’Etat paiera à sa place, mais il se vengera en récupérant l’argent sur ses subventions ! Bref, le contrat final, qui implique le secteur public, Réseau ferré de France, des banques etc. devrait être signé officiellement en juin.

Cette ligne Tours-Bordeaux, on en parle depuis longtemps. Il avait fallu cinq ans pour réaliser le tronçon Paris-Tours. Pour le Tours–Bordeaux, il en aura fallu plus de quinze. La raison ? les caisses de l’Etat sont vides. Pour les premières lignes, la SNCF payait tout ; puis l’Etat est venu ; puis il a invité les collectivités locales à mettre la main à la poche. Cela a commencé avec le TGV Est. Mais ce n’est pas fini. Sur le Tours-Bordeaux, une entreprise, Vinci, a une concession de cinquante ans en contrepartie d’un gros chèque. Naturellement, toutes ces négociations-discussions prennent un temps infini. Entre le moment où un Bordelais aura rêvé pour la première fois d’aller à Paris en 2 heures et la réalité, il y aura eu une génération.

Ce déblocage du dossier, c’est donc une bonne nouvelle ? La question, provocatrice, à poser est la suivante : est-on sûr qu’il faille étendre partout le TGV ? Les voyageurs que nous sommes sont ravis. Mais est-ce raisonnable financièrement ? Les lignes les plus rentables sont construites depuis longtemps, le Tours–Bordeaux l’est déjà moins. La suite est carrément plus aléatoire. Cette année, sera inauguré le tronçon Dijon–Belfort. Paris–Le Havre est envisagé, 9 à 15 milliards d’euros pour 55 minutes gagnées; Dans un rapport remis hier à l’Assemblée nationale, le député Hervé Mariton, grand spécialiste devant l’Eternel, tire la sonnette d’alarme. Les 15 projets prévus d’ici 2020 vont endetter la SNCF, Réseau ferré de France et n’intéresseront pas des partenaires privés. Bref, ce sont les passagers, les contribuables qui paieront.

Faut-il oublier l’objectif du Grenelle de l’environnement ? Jean-Louis Borloo avait promis 2.000 kms de lignes TGV nouvelles dans les dix ans. Il est assez peu probable (!) que dans dix ans nous soyons encore là, ici dans ce studio, vous et moi Patrick. Mais si c’est le cas, je tiens le pari que les 2.000 kms ne seront pas atteints !

Et puis évidemment, l’information de ce matin, c’est la démission de DSK du FMI. Je peux vous dire que l’Elysée, tout en restant très discret, jugeait cela hier soir totalement inévitable. Nicolas Sarkozy va défendre la candidature de Christine Lagarde, il sait que ce sera extrêmement difficile, parce qu’elle est Française. En second choix un Allemand est possible, mais vis-à-vis de la Grèce, attention au signal. Mais la négociation commence : si les Américains veulent qu’un pays émergent prennent la tête du Fonds, ils devront, avertit l’Elysée, renoncer au poste de numéro 2 qu’ils occupent actuellement.

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