Le projet de loi Macron n’est pas encore voté qu’il suscite déjà la frénésie dans le secteur des transports de voyageurs.

Oui, le projet de loi porté par Emmanuel Macron finira son parcours parlementaire dans quelques semaines. Et il comporte un dispositif qui a déjà fait couler beaucoup d’encre : la libéralisation du transport par autocar. Ce qui est intéressant est que les entreprises du secteur ont reniflé le changement et sont dans les startingblocks pour proposer des trajets longue distance en France dès qu’ils auront le droit de le faire. Aujourd’hui, c’est par exemple le numéro un du secteur en Allemagne, Flixbus, qui présentera ses ambitions sur notre territoire. IDbus, une filiale de la SNCF, Eurolines, du groupe Transdev, et des PME seraient même prêtes à proposer des tarifs « canon » dès cet été. Jusqu’à maintenant, les grands trajets par car étaient interdits pour protéger la SNCF, le projet Macron libéralise (oh le vilain mot) pour redonner du pouvoir d’achat aux voyageurs - 800 millions d’euros peut-être.

Le marché est important ?

Ecoutez, le gouvernement estime que le nombre de voyageurs par autocar pourrait être multiplié par cent, avec une part de marché de 5%. Où cela va-t-il changer la donne ? Entre Lyon et Bordeaux par exemple ; aujourd’hui il faut passer par Paris. Entre Rennes et Rouen. Entre Clermont-Ferrand et Toulouse. Entre Caen et Toulouse. Mais aussi entre Paris et Lille ou Lyon pour les petits budgets. C’est une vraie réforme toute simple dont on se demande pourquoi elle n’a pas été faite avant.

Le succès sera-t-il aussi flagrant qu’en Allemagne ?

On verra parce qu’il y a une petite incertitude. En Allemagne, il n’y a pas de péage sur les autoroutes, en France il y a en a, et donc les tarifs seront un peu plus élevés – un peu parce que nous aurons des trajets qui tourneront partout autour de vingt euros.

En tous cas, les cartes du transport collectif vont être rebattues…

La SNCF prévoit de perdre 150 millions d’euros de chiffre d’affaires sur ses TGV et ses trains inter-cités. Mais elle ne va pas rester les bras ballants : elle compte sur sa filiale car qui s’appelle, je le disais IDbus, Sortie par la porte du train, elle revient par la fenêtre du car. Mais il y a un autre acteur qui peut s’inquiéter : c’est le nouveau champion du voyage low cost, le spécialiste du covoiturage Blablacar. Parce qu’il est, sur certaines lignes rentables, concurrent du car ! Et Voilà les bénéfices de la concurrence – difficilement discutables en l’occurrence.

Pour finir, une déclaration, hier, d’Emmanuel Macron vous a frappé.

C’est un ministre cash. Dans une interview à l’Usine Nouvelle, il déclare : « nos grands groupes sont en train de partir, car notre politique fiscale leur est devenue inadaptée ». Puis il déroule tout ce qu’il fait ou voudrait faire pour qu’elles restent. Dans la bouche d’un ministre de l’économie, je vous assure que ce constat c’est une première !

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