étudiants école d'ingénieur
étudiants école d'ingénieur © CORBIS / Tomas Rodriguez

Les chiffres viennent de la Conférence des grandes écoles de commerce et d’ingénieur : il y a de plus en plus d’étrangers dans ces écoles et de plus en plus de jeunes Français qui vont étudier à l’étranger. C’est une bonne nouvelle ?

Oui, une bonne nouvelle notamment pour l’économie parce queplus d’étudiants étrangers qui viennent dans nos écoles, ce sont des jeunes formés qui deviendront des ambassadeurs de la France dans leur pays ; et davantage de Français qui passent du temps à l’étranger , ce sont des futurs cadres qui défendront les couleurs du made in France dans le monde entier. Que disent les chiffres publiés hier par plus de 200 grandes écoles ? Que 50.000 jeunes étrangers suivent des cours dans l’une d’entre elles. C’est une progression de 20% en deux ans . Dans ces écoles, un étudiant sur quatre ou cinq est étranger. Presque une explosion ! Et inversement, il y a pas loin de 50.000 aussi – c’est un hasard – d’étudiants français, de l’Essec ou de HEC, des écoles Centrale ou de l’Insa Rouen, d’Audencia ou d’ailleurs qui effectuent une partie de leur scolarité ou un stage hors de France.

Qu’est-ce que cela montre ?

D’abord que la France reste attractive en dépit de tout ce que l’on dit. C’est vrai aussi des universités ; au total, presque 300.000 étrangers étudient en France, c’est la troisième destination après les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. Deuxième chose : l’origine géographique des jeunes qui viennent dans ces écoles témoigne des grands courants de la mondialisation. Le plus gros contingent vient de la zone Asie-Pacifique (presque 7.000 chinois) ; puis on trouve les Africains et les jeunes du Maghreb ; puis seulement ensuite les Européens. Enfin, point spécifique aux écoles : leur décision d’accueillir plus d’étrangers, c’est aussi - ne soyons pas dupes - leur volonté de remonter dans les classements internationaux parce que c’est un critère qui pèse lourd.

Cela étant, cette forte évolution appelle - pensez-vous - un commentaire économique et un commentaire politique.Sur le plan économique, l’ouverture internationale, qui est peut-être LE grand changement de ces quinze dernières années dans le système éducatif supérieur, est très positive. L’apprentissage de la diversité, de langues étrangères, sont des plus pour la vie professionnelle. Hélas, l’écart s’accroît quand même entre les grandes écoles et les universités. Sur le plan politique, ces échanges qui s’accroissent dans tous les sens invitent à se méfier du discours décliniste habituel : les jeunes fuiraient la France, dégoutés ; certes il faut faire attention et le climat national est déprimant c’est vrai.

Mais il y a vingt ans, on se plaignait que les jeunes aient les pieds scotchés dans l’Hexagone ; on ne va pas se plaindre qu’ils bougent même s’ils veulent travailler ailleurs. La réalité est que la bougeotte est générale et concernent tous les jeunes.

Un point vous paraît, à vous, cependant inquiétant…

L’Europe a-t-elle encore un sens particulier pour ces jeunes qui parcourent le monde entier ; seront-ils porteurs dans dix, quinze ans d’une envie de faire l’Europe ? Pas sûr.

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