Ce matin : éclipse, attention à la panne d’électricité !

Tout le monde en a entendu parler : demain, l’Europe sera plongée dans l’obscurité en pleine journée à cause d’une belle éclipse solaire –sauf si des nuages s’invitent à la fête. En France, c’est à Saint-Brieuc qu’il faudra être pour avoir le maximum de l’éclipse : à 10 h 30 environ, 81,5% du soleil sera caché, ce sera 80% à Lille et 78% à Paris. Mais ce qui préoccupe les producteurs d’électricité depuis un an -j’ai bien dit un an !-, c’est le risque de panne de courant, de burnout -de blackout- plutôt, des systèmes électriques. Pourquoi ? A cause du développement de l’énergie solaire, des panneaux photovoltaïques, qui fournissent plus de 10% désormais de l’électricité du continent européen. Plus de soleil, et ces panneaux, d’un coup ne vont plus produire d’énergie. Automatiquement, les centrales à charbon, à gaz, les centrales nucléaires, vont prendre le relais. Mais le risque est que cela provoque des tensions voire des coupures sur le réseau. Vous me direz : tous les soirs, le soleil se couche. Tous les matins, il se lève. Et on n’en fait pas une histoire. En fait, il y a une grande différence. Le crépuscule intervient progressivement. Cela donne le temps de basculer en douceur sur d'autres sources d’énergie. Avec une éclipse, c'est brutal –cinq fois plus rapide que le lever-coucher de soleil. Bref, en quelques minutes, il faudra remplacer l’équivalent de 6% de la consommation électrique européenne . Techniquement, c’est l’interconnexion entre les réseaux européens qui garantira que partout il y aura assez d’énergie. Mais il faut que cela se passe bien. Ces derniers jours, les spécialistes sont moins stressés qu’il y a un mois à cause des conditions météo. Mais cela va être un test intéressant.

On risque vraiment la panne en France ?

Non, c’est très peu probable. En France, le parc photovoltaïque est peu développé. Il ne représente que 3% de la production d’électricité, cinq à six fois moins qu’en Allemagne ou en Italie. Bon, la perte de production devrait quand même représenter l’équivalent d’un gros réacteur nucléaire. Mais on ne va pas laisser l’Allemagne dans le noir, donc attention à la micro coupure quand même ! Attention, en définitive, il ne s’agit du tout de dire qu’il faut dire non à l’énergie solaire. Mais il faut savoir qu’en Allemagne, on voit cette éclipse comme un avant-goût de ce que sera la transition énergétique dans quinze ans. Quand le système électrique dépendra, chez eux, pour moitié de l’éolien, du solaire et d’autres énergies renouvelables, vertes. Contre le quart aujourd’hui. La moitié dans 15 ans. Ce ne sont pas les éclipses qu’il faudra gérer alors mais tout simplement le vent, les nuages, l’ensoleillement, qui fonctionnent par intermittence. Demain, donc, au-delà du spectacle, une petite répétition.

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