Nos esprits économiques et animaux sont écartelés entre l'insuffisance des masques et du gel antialcoolique d'une part, et les plans gigantesques lancés partout dans le monde d'autre part. Cette surabondance nous empêche de nous projeter dans l'après. Car il y aura un après.

Masque chirurgical
Masque chirurgical © Getty / the_burtons

J’aimerais qu’avec les auditeurs nous nous souvenions de ce dont nous parlions ici et dans le pays il y a quelques semaines. Quels seront les besoins de l’assurance-vieillesse en 2025 et en 2060 ? La croissance française sera-t-elle de 1,2 ou 1,3% ? La proportion de voitures électriques va-t-elle augmenter ? C’était le Brexit matin midi et soir. 

Nous sommes sans doute nombreux à avoir la nostalgie de ces sujets et des gentilles polémiques qui vont avec. 

Aujourd’hui, tout valse et nos esprits ne suivent plus des chiffres affolants. C’est le secrétaire d’Etat américain au Trésor qui évoque un taux de chômage de 20% aux Etats-Unis. C’est Ryanair qui supprimer la quasi-totalité de ses vols. Ce sont les garanties de 100, 300, 500 milliards d’euros données par les Etats aux crédits et le bazooka de 750 milliards lancé cette nuit par la BCE. C’est le chancelier autrichien qui parle d’une crise sanitaire, dit-il, très très longue. C’est Angela Merkel qui l’annonce aux Allemands : on n’a rien connu de tel depuis 1945, etc. etc. 

Ces milliers de milliards et ces mots ne veulent plus rien dire et inquiètent plus qu’il ne rassurent. Ils font écho à ce qui nous préoccupe au jour le jour, beaucoup plus micro que macro : les pénuries de masques, de gel hydroalcoolique, peut-être de denrées alimentaires ... Nos esprits sont écartelés entre ce "très grand" et ce "tout petit".

En vérité, sur ce qui peut se passer, les économistes sont désarmés, comme les médecins, et en fait plus qu’eux. 

La preuve : le gouvernement a été pris par surprise sur le confinement économique. Trop d’entreprises auraient en fait baissé le rideau, ce qui menace les transports, les chantiers, parfois l’agro-alimentaire. Bruno Le Maire, votre invité à 8 h 20 vous en parlera sans doute.

Quelqu’un a-t-il une boussole ?

Nous sommes au début de cette crise et comme en 2008-2009, nos esprits ont du mal à anticiper qu’il y aura un après. Mais heureusement disons-le, redisons-le : il y aura un après. On l’a appris cette nuit, en Chine, hier, il n’y a pas eu une seule contamination locale nouvelle. 

Alors, qui a une boussole ? Dans chaque crise, à un moment, des leaders émergent, prennent les bonnes décisions et trouvent les mots pour le dire. Cette fois-ci, qui chez les scientifiques, les politiques et les économistes, va à un moment crever l’écran et apporter les solutions, dans le monde et ici ? Qui ? C’est certain : cela va venir !

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.