Ce matin, la jacquerie fiscale qui monte des rangs des petites entreprises, des artisans et des commerçants.

C’est un lancement (comme on dit) un peu mystérieux mais, vous allez voir, sérieux. Il s’agit d’une hausse d’impôt dont on parle beaucoup dans les régions, qui concerne des milliers de petites entreprises. Des manifestations ont eu lieu la semaine dernière à Evreux, la Roche-sur-Yon, Montpellier, et aujourd’hui Saint-Etienne. A tel point que les élus de Montpellier se sont réunis hier dimanche pour trouver une solution. La presse en régions en parle, mais on n’en parle pas à Paris et il faudra essayer de savoir pourquoi.

De quoi s’agit-il ?

Cela n’a rien à voir avec le budget 2013. C’est lié à la réforme de la taxe professionnelle remplacée en 2009 par deux autres impôts. Le Parlement a autorisé les communes à relever la contribution foncière minimale sur les entreprises. Quelques exemples du résultat, qui font hurler les organisations d’artisans et de PME. A Saint-Brieuc, la taxe payée par des boulangers a grimpé de 50% ; près de Marseille, celle d’une PME dont le chiffre d’affaires n’a pas bougé est passée de 500 à 2.400 euros ; à La Baule, l’impôt plancher a explosé de 800 à 2.100 euros ; à Saint-Herblain, près de Nantes, de 900 à 2.200 euros. On pourrait continuer longtemps.

Qui est responsable ?

C’est diffus. C’est le Parlement, la majorité précédente pas celle-là, qui avait lâché la bride aux collectivités locales très mécontentes de perdre la main pour l’essentiel dans la réforme. Les communes soit ne se sont pas rendues compte de ce qu’elles faisaient, soit ont cherché des recettes faciles. En clair, aucune simulation n’a été faite, tout le monde s’en moquait plus ou moins. Ce qui est certain, c’est qu’il faut trouver une solution, c’est pour cela que les élus de Montpellier se sont réunis hier. Preuve que cela chauffe.

Mais, pour vous, il y a des leçons au-delà de cette affaire précise et des solutions qui seront sans doute trouvées ?

Oui, il y a une énorme différence d’attention portée aux impôts nationaux et aux impôts locaux. On va discuter à l’infini de la hausse de deux euros de la redevance télévision mais des centaines ou des milliers d’euros pour des commerçants et des artisans n’émeuvent personne. Comme les hausses de taxes foncières ou d’habitation pour les particuliers, qui peuvent atteindre deux, trois ou quatre fois le Smic pour des pavillons de banlieue parisienne ou dans des grandes villes de province.

A votre avis, pourquoi deux poids, deux mesures ?

Bien sûr, c’est plus compliqué d’avoir le regard sur toutes les communes que sur un Budget unique de l’Etat. Au-delà, cet intérêt mitigé pour la fiscalité locale tient au fait qu’une partie importante des Français sont exonérés d’impôts locaux ; donc les augmenter est peu risqué pour les élus ; ensuite, osons le dire, les journalistes qui en parlent au plan national sont souvent parisiens, ville où chacun le sait les impôts ont été longtemps presque nuls. C’est un peu provocateur de le dire, mais cela n’empêche pas de le reconnaître.

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