Hier, l’ensemble du projet de Budget de l’Etat pour 2015 a été voté par les députés. Et ce matin, vous faites le bilan de presque cinquante jours de débats.

Quarante-huit jours (pour être précis) qui auront été une sorte de long cauchemar politique, de chemin de croix, pour le gouvernement. Il voulait que l’on retienne enfin la pause fiscale et même la baisse d’impôt pour des millions de Français, et on n’a parlé que des hausses d’impôt. Il voulait convaincre de la réalité des économies dans les dépenses, et très vite le doute s’est installé. Il voulait montrer que toute sa politique économique allait réorienter l’Europe vers la croissance, et les frondeurs ont frondé jusqu’au bout, en dénonçant l’austérité. Non, vraiment, le gouvernement sort de ce marathon épuisé et le Budget quitte l’Assemblée avec un déficit autant politique qu’économique.

Ce qui résume le mieux ce budget, c’est une dépêche de l’AFP !

Oui. Une dépêche diffusée à 17 heures17. Très claire au fond. Elle commence par rappeler quelques chiffres clés. Le budget 2015 prévoit 368 milliards d’euros de dépenses, avec un déficit de 76 milliards d’euros. Cela veut dire que sur cinq euros de dépenses, un n’est pas financé. Il ne s’agit pas de considérer les comptes de l’Etat comme ceux d’un ménage, il a un rôle d’impulsion économique ; mais quand même... Un euro sur cinq financé par de la dette... La ligne suivante de la dépêche est presque aussi cruelle tant elle est sobre. La voici : le déficit public au sens large (avec la Sécu et les collectivités locales) s’élèvera à 4,3% du PIB l’an prochain, après 4,4% cette année et 4,1% l’an dernier. Il n’y donc aucune amélioration, on recule même. On peut tordre les chiffres dans tous les sens, avancer toutes les explications du monde, c’est la réalité.

La suite de votre dépêche concerne les impôts.

Oui, il y a la bonne nouvelle qui concerne six millions de Français, la suppression de la première tranche de l’impôt sur le revenu, ce qui veut dire qu’un certain nombre de gens vont devenir ou redevenir non-imposables. Mais elle a été éclipsée par une floraison de petites hausses qui, mises bout à bout, ont fait du bruit. A partir du 1er janvier, le prix du gazole augmentera de quatre centimes par litre ; la redevance télé grimpera ; les impôts locaux continuent de courir grâce à la discrète revalorisation des valeurs locatives, qui servent d’assiette aux taxes foncières et d’habitation. Enfin, la hausse des droits de mutation, que vous payez quand vous achetez un appartement ou une maison, a été pérennisée. Elle ne devait durer que deux ans. Bref, la pause n’a fait que passer !

En revanche, du côté des dépenses, il y a davantage de sérieux ?

Oui. Leur évolution est moins rapide que les années précédentes – bravo. Mais la hausse du nombre de fonctionnaires civils dans la conjoncture actuelle reste invraisemblable. Au total, ce budget de mi-mandat est à l’image de la moitié du mandat : tout le monde préfèrerait tourner la page !

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