Ce matin : les trois leviers d'action économique contre Daech.

Le premier prend une importance de plus en plus grande au fur et à mesure que les jours passent : c'est la volonté d'assécher les ressources financières de l’organisation État islamique, et d'abord les recettes liées au pétrole. On le sait, Daech contrôle huit champs d'hydrocarbure en Syrie et en Irak. Pendant un certain temps, la coalition aurait plutôt restreint ses bombardements pour éviter les victimes civiles et ne pas détruire définitivement les champs. C'est fini. Américains, Français - ces derniers jours - et Russes - depuis hier - bombardent les infrastructures pétrolières. Citant des sources sur place, un article du Financial Times hier indiquait qu'à la suite de ces opérations, la production pourrait baisser très nettement. Ces tous derniers jours, 116 camions-citernes auraient été détruits, bien plus avec les frappes russes. On estime que Daech encaisserait 1,5 millions de dollars de recettes pétrolières par jour.

Le second levier ?

Au-delà des progrès qui doivent être faits contre le financement international du terrorisme, il convient de priver l’organisation État islamique des symboles - justement - étatiques. Ce n'est pas sans doute pas tout à fait une coïncidence : ces derniers jours, a filtré sur des réseaux sociaux et des sites spécialisés l'information selon laquelle le groupe terroriste a commencé à distribuer sa propre monnaie. Cela fait un an exactement qu'il a annoncé son intention de créer le dinar-or , la monnaie qui remplace dans les zones occupées la livre syrienne et le dinar irakien. On sait à quoi ressemblent les pièces depuis cet été : il y a une carte du monde, future zone à dominer, un minaret, la mosquée Al Aqsa à Jérusalem. Battre monnaie c'est le cœur du pouvoir régalien, il faut faire en sorte que cela reste un fantasme et non pas un point de ralliement économique des déséquilibrés de la terre.

Troisième levier économique ?

C'est Emmanuel Macron qui l'a évoqué dès lundi. Il doit y avoir, a-t-il dit, un pacte économique avec certaines banlieues, qui soit le pendant du pacte de sécurité, en faveur de l'emploi, de l'intégration. Parce que les dérives vers la folie ont parfois une origine sociale. Une idée à manipuler avec prudence tant rien ne saurait excuser et même expliquer la barbarie et les crimes commis.

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