Vous revenez sur l'accord conclu entre le patronat et les syndicats sur les retraites complémentaires. Alors, bon ou mauvais accord ?

C'est un bon accord dans la mesure où des acteurs discutent et prennent leurs responsabilités sur un sujet difficile. L'attitude de ceux (Force ouvrière et la CGT) qui, depuis vingt ans ont systématiquement dit non à tout, est au sens propre irresponsable. Citons Péguy : ils ont les mains propres mais ils n'ont pas de mains. Alors sur le fond, tout le monde a retenu de cet accord l'incitation à travailler plus longtemps et la création d'un bonus-malus. Précisons que cet aspect des choses représente moins de 10 % des économies. L'essentiel des économies vient de mesures ultra-classiques mais qui ne sont pas sans conséquence, baisse des pensions des retraités et hausse des cotisations des actifs. Cela étant, l'attention s'est portée à juste titre sur un élément nouveau et courageux : l'âge de 63 ans est désormais dans le débat public, il est (comme on dit) cranté. Certes, on pourra encore partir à 62 ans, mais avec une baisse de pension. On est au contraire encouragé à travailler un an de plus, et à partir à 63 ans au lieu de 62, 64 au lieu de 63 etc en fonction du nombre de trimestres cotisés. Le patronat voulait reculer l'âge effectif de départ, la CFDT ne voulait pas toucher à l'âge légal. C'est acquis. Mais politiquement, 63 ans est sur la table. On a envie d'ajouter que le gouvernement est très très culotté de se féliciter de l'accord quand on repense à ce que François Hollande avait dit dans sa campagne sur les retraites (là, je dis cela pour faire plaisir à Thomas Legrand).Et plus globalement ? On voit que la diversité des règles, celles du secteur privé, de la fonction publique, des régimes spéciaux d'entreprises publiques (pas concernés par tout cela) n'est plus tenable tant il y a de disparités et d'inégalités. Demain, il y aura encore beaucoup des départs à 60 ans et 62 ans, mais pour les cadres du privé qui ont fait de longues études, la retraite à taux plein ne sera pas avant 65 voire 67 ans. Pour finir par une bonne nouvelle, rappelons quand même que la France est numéro deux dans le monde pour l'espérance de vie au-delà 65 ans.

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