Vous commentez l’arrêt de cinq nouveaux réacteurs nucléaires réclamé hier par l’Autorité de sûreté.

Oui, l’information a été dévoilé par le magazine Challenges et c’est ma consœur des Echos Véronique Le Billon qui a révélé la liste des réacteurs confirmés par cet arrêt : Tricastin, près de Montélimar, Fessenheim, en Alsace, Gravelines, près de Dunkerque et Civaux, dans la Vienne. L’Autorité de sûreté, qui s’est exprimé en fin d’après-midi, souhaite ces arrêts pour vérifier la teneur en carbone de certains composants des générateurs de vapeur, après la découverte de niveaux trop élevés dans d’autres réacteurs déjà stoppés. Pour le patron de l’ASN, c’est une anomalie (je le cite) sérieuse. Au total, hier 21 réacteurs sur les 58 français étaient en maintenance tout à fait banale ou en contrôle un peu moins banal. Un sur trois. La question que l’on se pose immédiatement est la suivante : le vieillissement du parc et l’exigence de sûreté vont-ils conduire à ce qu’il y ait de plus en plus de pannes ? Va-t-on avoir en permanence cinq à dix réacteurs à l’arrêt, ce qui va forcera à recourir à des centrales à gaz, aux importations et si l’hiver est froid à des centrales au charbon et au fioul ? Fin septembre, EDF a révisé à la baisse sa prévision de production nucléaire cette année, près de 400 térawattheures, jusqu’à – 9 % par rapport à 2015.

Et la réponse ?

La réponse est qu’on n’en sait rien, mais que c’est possible et que cela ouvre une autre question : le mix énergétique tricolore est-il encore le bon ? Avec une température douce et donc des besoins moyens, notre électricité a été hier entre 69 et 76 % d’origine nucléaire, éolienne pour 6 % au pic de la journée (à 16 h 30) et solaire à 6 % également au pic de 13 h 15. Ce qui était une fierté il y a quelques années et une garantie de prix bas est à débattre aujourd’hui, avec des prix des futurs EPR dont rêve EDF pour 2030 très élevés et beaucoup de pays qui avancent vite dans la diversification. Chacun sait que l’objectif de50 % de nucléaire en 2025 est impossible. Au total, on voit qu’il y a une limite à l’allongement de la durée de vie des vieilles centrales et on veut les utiliser jusqu’à l’os - cela ne veut pas dire que c’est dangereux mais au minimum l’heure de l’addition économique approche.

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