Le fameux traité budgétaire sera adopté ce matin, en conseil des ministres. Vous êtes pour, mais sans aucun enthousiasme.

Fixer des lignes jaunes budgétaires ne pose pas de problème - au contraire. En Europe, c’est la contrepartie de la solidarité qui fait que des contribuables d’un pays sont désormais amenés à en renflouer d’autres. L’Union budgétaire est la fille naturelle de l’union monétaire. Trivialement dit, il n’y a pas de solidarité entre Etats si chacun n’en fait qu’à sa tête. Entre parenthèses, on notera que l’union fiscale, elle, les mêmes impôts pour tous, est au point mort. Bref, la réduction des déficits, c’est : aide-toi, l’Europe t’aidera. Concrètement, avec la règle d’or, dépenser trop en période de croissance, comme Jospin en 1997 ou Sarkozy en 2007, aurait été difficile. Est-ce un carcan ? Moins qu’on ne le dit. Des politiques keynésiennes resteront possibles quand la conjoncture est mauvaise. Et ces dernières semaines, la zone euro a étalé les calendriers espagnols et portugais.

Un oui, donc, mais sans entrain …

Oui, car le Traité, comme tous les textes européens, est peu compréhensible pour les opinions publiques - et donc il risque de créer des fantasmes inutiles. Que dit-il ? Il dit qu’à moyen terme, le déficit public structurel doit être au maximum égal à 0,5% du PIB. Ici, chaque mot compte. A moyen terme, cela veut dire que le calendrier n’est pas connu. Et le déficit structurel est un objet économique bien identifié et intelligent mais un OVNI politique et médiatique. C’est, je cite, le déficit corrigé des variations cycliques et des mesures ponctuelles et temporaires. Traduction : il dépend de la conjoncture. Attention : ce plafond de 0,5% n’a rien à voir avec l’objectif d’un déficit « nominal » à 3% du PIB dont on parle tous les jours. En « structurel », la France est déjà sous les 3%. Empoignades garanties.

Bon, qu’est-ce que cela implique pour le budget 2013 ?

Le gouvernement va réduire le déficit, mais la règle d’or ne dit rien sur le comment. Ce qui est frappant est que, tous les jours, on en apprend sur les hausses d’impôt certaines ou en débat - les entreprises, les retraités avant-hier, l’ISF ce matin, peut-être demain les professions libérales, les ménages ; mais que, en revanche, on est incapable de dire quelles économies concrètes vont être faites. A l’exception, ce n’est pas rien, de la non-revalorisation des salaires des fonctionnaires, mais qui, on en conviendra, ne témoigne pas d’une imagination débordante. Des investissements sont coupés, dans les transports, la culture, mais partout, c’est le rabot, pas la réforme.

Vous avez des idées, vous ?

Vous voulez l’édito par la preuve ! Hasard des rencontres, le commissaire européen Michel Barnier, longtemps élu de la Savoie, m’a donné hier un exemple simplissime de ce qui est possible. Les préfectures de Savoie et Haute-Savoie, à Annecy et Chambéry, sont distantes de 48 kms. Il y a deux préfectures, deux conseils généraux et tous les services en double. Est-ce que cela a encore du sens ? Non.

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