Ce matin : le temps des signaux à gauche sur le budget 2018 ?

C’est une petite musique que l’on entend ces dernières heures et qui est la conséquence directe du climat social. Hier, le ministre du Budget, Gérald Darmanin, a annoncé deux choses censées sonner délicatement aux oreilles des fonctionnaires. Un : Les effectifs de l’Etat seront quasi-stables l’an prochain (-1.600 postes). Rappelons que l’objectif affiché par Emmanuel Macron sur le quinquennat est de -50.000. On n’en prend donc pas le chemin. Deux : il appliquera les revalorisations de traitement prévues par le précédent gouvernement. Si on ajoute la revalorisation des retraites de 0,8%, ou la hausse de la prime d’activité, du minimum vieillesse et de l’allocation handicapés, ce sont autant de contre-feux face aux économies annoncées sur les APL et les emplois aidés et face à la hausse de la CSG de certains retraités. Comment est-ce possible ? En réalité, le président a de la chance. Une croissance plus solide lui permettrait d’avoir moins de déficit (2,6% du PIB) ET moins d’économies (16 milliards au lieu des 20 dont on parlait). Au total, la dépense publique augmenterait l’an prochain, alors que le gouvernement parlait de la geler. Au total, prudence toutefois bien sûr : les petits miracles sont parfois des mirages quand on regarde de près et il faudra regarder la copie budgétaire de près.

Il y a aussi un positionnement politique intéressant à Bercy.

Oui, perceptible dans l’interview que Bruno Le Maire et Gérald Darmanin ont accordée au Monde hier. Le premier, ministre de l’Economie, assume une politique libérale ou de droite, avec l'allègement de la fiscalité du capital et de l’ISF, vu comme une rupture totale avec les 30 dernières années pour financer des entreprises. Le second, au Budget, se place plus au centre gauche. Il parle aujourd’hui davantage de la quasi-suppression de la taxe d’habitation que des économies. Pour l’anecdote, il a posté sur Twitter une photo de lui où on le voit signant les décrets du protocole sur les salaires des fonctionnaires qu’attendent les syndicats. Au fond, les deux ministres mettent en scène ou incarnent vraiment le « en même temps » à Bercy. Ou alors chacun pense que son positionnement est le plus proche du "coeur de Dieu", Emmanuel Macron - qui les laisse faire. Bref, la conclusion de tout cela est que l’économie est très politique et qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil.

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