L’escalade continue dans la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine.

Les deux présidents le 9/11/2017
Les deux présidents le 9/11/2017 © AFP / Nicolas Asfouri

Oui, et cette escalade fait penser à l’aphorisme de Machiavel selon qui « on fait la guerre quand on veut mais on la termine quand on peut ». 

Aucun des deux dirgeants ne veut perdre la face et il semble acquis qu’il n’y aura pas d’armistice avant les élections américaines du mois de novembre parce que Donald Trump a besoin de montrer sa force aux électeurs républicains. L’engrenage a déjà un côté répétitif. 

Depuis cet été, 50 milliards de dollars de produits chinois sont taxés par Washington. Pékin avait répliqué immédiatement. Hier, Washington a annoncé son intention de taxer à partir de lundi prochain 200 milliards de dollars d’importations chinoises supplémentaires. Annonce à laquelle Pékin a riposté illico presto avec de nouvelles hausses de tarifs douaniers sur 5.207 produits américains. Et Donald Trump promet déjà une nouvelle offensive qui aboutirait à taxer à hauteur de 25% la totalité de ce que les Etats-Unis font entrer sur leur sol. 

La réalité est que chacun des deux pays pense être bien armé pour gagner, et pense surtout qu’il a raison. Donald Trump estime que la Chine craquera d’abord parce que son pays vit sur les exportations, le gouvernement chinois se dit que la versatilité politique occidentale fait qu’à un moment ou à un autre l’opinion yankee se retournera. Sans compter qu’il peut toujours arrêter de financer la dette américaine. 

Bref, tout est en place pour que la bataille continue.

Mais qui peut gagner ?

D’un point de vue économique global et selon l’analyse classique, personne ne gagnera à long terme : le protectionnisme est mauvais pour tout le monde, l’inconvénient de la hausse des prix dépasse l’avantage de quelques emplois industriels sauvés localement. C’est vrai, enfin en partie. 

Car à court terme, il peut y avoir un gagnant. Alors, qui ? Dans la bagarre Mexique-USA, Trump a convaincu ses électeurs qu’il l’a emporté. Mais Pékin, c’est bien sûr un autre morceau. Sauf que la Chine est plus impliquée dans le commerce international que les Etats-Unis, donc elle a plus à perdre. Au total, tant que l’économie américaine va bien, Trump a je crois les mains assez libres. 

Et puis, surtout, une partie du monde n’est pas mécontente qu’il fasse le « sale boulot » vis-à-vis des Chinois. 

Mais au total surtout, quand on voit les personnalités autoritaires de Trump et de Xi, la vraie crainte est que ce conflit se déplace un jour terrain bien plus dangereux que le commerce.

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  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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