Le choix de Jean-Pierre Farandou pour la SNCF est la 10ème nomination du président. Les choix sont d'abord professionnels et plus du tout politiques. Difficile de trouver des "copains" de l'Elysée dans les nommés ou confirmés.

Jean-Pierre Farandou succédera à Guillaume Pepy à la tête de la SNCF
Jean-Pierre Farandou succédera à Guillaume Pepy à la tête de la SNCF © AFP / Manuel Cohen

Emmanuel Macron propose donc Jean-Pierre Farandou pour succéder à Guillaume Pépy à la SNCF. C’est officiel, il remplacera Guillaume Pépy le 1er janvier 2020, et comme c’est la 10ème nomination décidée par Emmanuel Macron, c’est l’occasion de repérer quelques lignes (si on ose dire en parlant  de la SNCF !) directrices. 

Dans le cas de Jean-Pierre Farandou et l'entreprise ferroviaire, sauf erreur, c’est la première fois que le dirigeant choisi n’a jamais côtoyé de près la sphère politique comme acteur ou membre des fameux cabinets ministériels. C'est un professionnel de la profession cheminote, il a fait toute sa carrière à la SNCF et dirige Keolis, filiale du groupe. Il dit plaisamment qu’il a fait "cheminot première langue" comme on fait anglais première langue.

Attention, ne pas être passé par un cabinet ministériel n’est pas une vertu en soi, on a connu des grands patrons qui s’y sont frottés, à la SNCF par exemple Fournier, Gallois et Pépy et c'était bien. Mais aujourd'hui c’est l’expérience d’entreprise qui compte. Dans le cas présent, une procédure de sélection a eu lieu, Jean-Pierre Farandou a été vu et testé par Bruno Le Maire, Elisabeth Borne, Edouard Philippe puis par Emmanuel Macron. 

Ce dernier aurait dit-on préféré quelqu’un ayant une expérience plus variée public-privé, mais le plafonnement du salaire à 450.000 euros a réduit le nombre de candidats

En revanche, le cabinet de chasse de tête n’avait pas proposé Farandou, le trouvant trop âgé – 62 ans - par rapport à la commande de l'Etat, qui était de trouver une personnalité pouvant accomplir deux mandats.  

Et au-delà ? 

L’expérience de gestion est une clé évidente des choix macroniens. Eric Lombard, ex-patron de l’assureur Générali, a été choisi pour la Caisse des dépôts (une première aussi). Catherine Guillouard dirige la RATP, elle venait de Rexel (distribution de matériel électrique). Un canadien, Ben Smith, pilote Air France (encore une première). Chez Airbus, le nouveau numéro un, Guillaume Faury, était un opérationnel interne. Chez Renault, Jean-Dominique Senard a remplacé au pied levé Carlos Ghosn, il venait de Michelin. 

Et pour le reste, Macron a reconduit les patrons d’Orange (Stéphane Richard), d’Aéroports de Paris (Augustin de Romanet) et d’EDF (Jean-Bernard Lévy), ce dernier ayant rencontré en tête à tête le président pour la première fois (!) à l’Elysée au moment, justement, de sa reconduction, au printemps. 

Qu’en conclure ? Qu'il n'y a pas eu de chasse aux sorcières politiques, que l'expérience public-privé est primordiale dans l'esprit présidentiel et qu'il n'y a pas de nomination de copains. Sur ces trois points, une vraie rupture bienvenue.

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