Le sujet économique du jour, c’est l’or, dont la demande et les prix sont au plus bas

Le métal précieux, en effet, ne brille vraiment pas au soleil de cet été. Le conseil mondial de l’or vient de publier ses chiffres sur la demande au deuxième trimestre et c’est simple : on n’a jamais consommé aussi peu d’or depuis six ans. Quant aux prix, ils sont au plus bas depuis cinq ans. Particuliers et investisseurs doutent des vertus de ce que le fameux économiste Keynes qualifiait de « relique barbare ». C’était à l’époque pour fustiger l’idée d’un système monétaire international reposant sur l’étalon or. Les temps ont bien changé car justement, c’est un peu le fait que l’or soit devenu une matière première presque banale, au regard de l’évolution globale des marchés, qui provoque cette atonie autour du métal jaune.

Comment s’explique, plus précisément, la chute spectaculaire de cette demande ?

Au risque de vous sembler obsédé par l’Asie, c’est bien là que se trouvent les premières clés. La demande en or s’est effondrée en Chine et en Inde. Or ce sont les plus gros consommateurs d’or du monde. Le feuilleton chinois, vous en connaissez les ressorts : ralentissement de la croissance, tempête boursière… Résultat : au moment de réaliser des arbitrages pour leurs achats, les Chinois ont désormais d’autres priorités que le métal précieux. Phénomène proche en Inde : les nouvelles classes moyennes étaient friandes de bijoux. Mais leur pouvoir d’achat a été miné, surtout dans les régions rurales, par des aléas climatiques, pluies torrentielles ou sécheresse selon les régions et les saisons.

Et s’il n’y avait que les bijoux… La demande de pièces d’or qui avait explosé ces dernières années est en baisse de 37 % dans le monde et 50 % en Chine. Quant aux banques centrales qui avaient acheté de l’or en quantité pour amortir les crises financières, notamment entre 2008 et 2011, elles ont changé de stratégie.

Tout cela confirme une chose : l’or a - pour l’instant, tout ceci est cyclique - perdu son statut devaleur refuge.

On aurait pourtant cru qu’avec les incertitudes économiques actuelles, l’or comme par le passé servirait à rassurer les investisseurs. Qu’est-ce qui a changé ?

En premier, le déséquilibre du marché. La demande, donc, est au plus bas, mais l’offre est abondante : la production va même atteindre des niveaux records cette année. Rien de ce côté, donc, pour soutenir ou relancer les cours.

Autre point clé : ce statut de refuge tenait au fait que l’or était jugé moins exposé à l’inflation que d’autres valeurs. Mais comme dans l’économie mondiale la question du moment, ce sont davantage les tendances déflationnistes que l’inflation, les investisseurs ont tout intérêt à se concentrer sur des actifs pas forcément plus risqués mais plus dynamiques, dont le dollar. C’est du reste de ce côté que pourrait venir le prochain coup : la perspective de voir la Réserve fédérale américaine relever ses taux d’intérêts cet automne. L‘or deviendrait encore moins attractif côté rendement. Un comble, sachant que la Fed détient le plus gros stock d’or du monde

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