Il n’y a pas besoin de chercher beaucoup pour se faire peur. L’Allemagne en quasi-récession, la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine, la probabilité d’un Brexit sans accord qui se renforce, Matteo Salvini à la porte du pouvoir en Italie. Sans compter les tensions géopolitiques en Iran ou au Cachemire…

Quels sont les risques qui pèsent actuellement sur l'économie française ?
Quels sont les risques qui pèsent actuellement sur l'économie française ? © Getty / acilo

Tout ça, c’est vrai. Il est bien difficile d’être optimiste pour l’économie mondiale. Mais un village peuplé d’irréductibles Gaulois résiste encore et toujours au ralentissement économique planétaire. L’économie française n’est peut-être pas si florissante qu’espéré. N’empêche que jusqu’à maintenant, elle tient le coup. Les entreprises françaises continuent à créer des emplois. Elles investissent. Le pouvoir d’achat augmente pour une partie de la population. Tout ça en partie grâce aux mesures du gouvernement pour mettre fin aux « gilets jaunes ». Ces mesures ont permis de soutenir la demande intérieure pile poil au moment où l’économie mondiale commençait à flancher. Une partie de cet argent a même été épargné. Il est tout à fait possible qu’il soit dépensé dans les prochains mois.    

Mais l’Hexagone peut-il tenir longtemps face à ces vents contraires ?

Non. L’économie française peut aller moins mal que les autres pendant quelques trimestres. Mais elle ne sera jamais complètement immunisée contre un ralentissement mondial. Parce qu’elle exporte près de 500 milliards d’euros de produits par an. Toute baisse des carnets de commande à l’étranger se répercutera tôt ou tard sur l’emploi en France. Et donc sur la consommation. Le gouvernement tablait jusqu’à présent sur une croissance de 1,4 % du PIB l’an prochain. Mais ce chiffre sera probablement revu à la baisse cet automne. 

Comment se présente l’année 2020 ?

Tout dépendra de l’intensité de la guerre commerciale. Le pire n’est jamais sûr. Mais ce qui est certain, c’est qu’une aggravation des tensions aura des conséquences négatives sur les deux premières économies mondiales, les Etats-Unis et la Chine. Et par ricochet sur l’Allemagne puisque ses exportations représentent la moitié de son PIB. La probabilité que Donald Trump taxe les importations de voitures allemandes cet hiver est forte. Le test sera alors important pour la zone euro. Il faudra coordonner les politiques économiques, collaborer au moment où les gouvernements européens sont justement divisés. Le Président de la République et ses ministres peuvent croiser les doigts. Si l’économie mondiale trébuche l’an prochain, les deux premières années du quinquennat n’auront été qu’une promenade de santé. 

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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