Le géant américain du numérique Apple a franchi hier la barre des 2.000 milliards de dollars de valeur boursière. Jamais une entreprise n'avait valu aussi cher, à l’exception du pétrolier saoudien Aramco quelques minutes fin 2019.

Apple devient la première société américaine à valoir plus de 2 000 milliards de dollars
Apple devient la première société américaine à valoir plus de 2 000 milliards de dollars © Getty / VIEW press

La firme à la pomme vaut davantage que le total des quarante entreprises françaises de l'indice de référence à Paris, le CAC 40. Elle avait franchi la barre symbolique des 1.000 milliards il y a seulement deux ans.
Et il y a cinq mois, quand les investisseurs avaient vendu leurs actions en masse par crainte de l'épidémie, sa capitalisation boursière était inférieure de 900 milliards de dollars à son niveau actuel. Ce n'est plus un engouement, c'est un raz-de-marée.

Trois raisons à ce raz-de-marée : 

  • D’abord une raison générale. Les investisseurs ne savent plus où placer leur argent. Les obligations émises par les Etats ne rapportent pratiquement plus rien, et ça risque de continuer un bout de temps avec les interventions des banques centrales depuis le confinement. Ils achètent donc de l'or, de l’immobilier, du bitcoin, mais aussi des actions. 
  • Ce qui nous amène au deuxième facteur de la hausse. Les entreprises qui ont le plus profité du confinement sont les géants du numérique, parce que nous sommes nombreux à avoir basculé une partie de notre vie en mode virtuel, pour les achats sur internet comme les réunions de travail. 
  • La troisième raison, elle, est propre à Apple. La firme continue d’innover et plus encore de savoir vendre. C’est ce que montre le succès impressionnant de ses Airpods, des écouteurs vendus à partir de 179 euros. Et puis Apple diversifie ses activités. Les services font désormais plus du quart de son chiffre d’affaire, avec des revenus plus réguliers que ceux du téléphone mobile. 

Pour autant, la valeur boursière d’Apple est-elle méritée ?

Oui et non, car il y a deux points qui posent question. D’abord, une part non négligeable de la profitabilité d’Apple vient de ce qu’on appelle l’optimisation agressive des failles de la fiscalité internationale. C’est légal, mais pas forcément légitime.
Ensuite, la valeur boursière colossale d’Apple suppose que la firme fasse des profits très élevés dans les années à venir. La firme à la pomme peut bien sûr continuer à épater ses clients avec ses nouveaux produits. Mais il faudra aussi qu’elle les vende toujours plus cher, et ça sera difficile sans être en monopole.
Derrière la surperformance financière Apple, il pourrait finir par y avoir un problème de concurrence trop faible.

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