Nicolas Sarkozy a persisté et signé : il imposera la fameuse "prime de 1.000 euros contre dividendes". A-t-il raison ?

Le risque que tout se termine par une usine à gaz qui consommera beaucoup d’énergie sans aboutir à un produit vraiment fini, est tel que la réponse est : cette prime n’est pas la meilleure idée qu’ait eue Nicolas Sarkozy. Après les tarifs sociaux, le forfait kilométrique, le vrai- faux gel des tarifs publics, le chef de l’Etat fait le maximum pour montrer que le pouvoir d’achat est sa priorité. Mais il y a un côté pathétique à voir les politiques demander à leurs troupes d’inventer en urgence des mesures de ce type. Car sur le fond, on sait ce qui se passera : la prime ira à ceux qui ont déjà, les salariés des grandes entreprises qui réalisent leurs profits ailleurs, tout en frustrant ceux des petites. Cela étant, l’opposition ne fourmille pas d’idées non plus, le PS veut d’une grande négociation sur les salaires (la belle affaire) et Dominique de Villepin a inventé un revenu minimum de 850 euros à... 30 milliards d’euros – excusez du peu !

Cela dit, il y a un problème avec le pouvoir d’achat. Le prix du gaz a augmenté de 20% en un an, celui de l’essence autant, et avec le fioul, l’électricité, les loyers, les assurances et les prix alimentaires, les derniers mois sont difficiles. En même temps, ce genre de liste à la Prévert mélange tout. Un exemple : le prix du sucre a grimpé en flèche, mais les Français en achètent trois paquets par an, à l’arrivée, cela fait un euro. Ce n’est pas non plus parce que l’Insee assure que le pouvoir d’achat a progressé de 0,4% par Français l’année dernière et que ce n’est pas le "ressenti", que c’est forcément faux. Alors question : que pourrait faire Nicolas Sarkozy au lieu de se lancer dans ces primes peut-être fantomatiques ?

Bonne question ! Si la crise a, bien sûr, changé toute l’équation de 2007, transformant les " " en "-", le plus bizarre est qu’il mette si peu en valeur ce qu’il a lui-même. Neuf millions de personnes encaissent des heures supplémentaires défiscalisées, avec un débat –c’est vrai, sur l’effet emploi. Il aura aussi revalorisé de 25% deux grandes prestations sociales : le minimum vieillesse et l’allocation adulte handicapé, pour 1,3 million de personnes. Il a créé le RSA. Que tout cela passe à la trappe est mystérieux. Mais l’essentiel est ailleurs. Dans la création de richesses, dans la productivité, l’innovation. C’est un poncif mais c’est vrai. Là encore, Nicolas Sarkozy, vraiment mauvais communicant, aura plus fait que Jacques Chirac en 12 ans. Taxe professionnelle, grand emprunt, séparation à l’amiable, réforme des ports et des universités, aides à la recherche, Fonds public d’investissement avec le FSI, auto-entrepreneur.C’est moins sexy que le bouclier fiscal et les retraites, mais cela finira par avoir des effets.

Dans une présidentielle, ce n’est pas "sexy" ! Non ! Mais qui croira encore aux promesses de miracle ? Il faut espérer que le débat, en 2012, porte sur les moyens de créer de la richesse, sur ce qu’un pays comme la France a encore vocation à fabriquer dans ses usines face à la Chine ou à l’Allemagne. Que le débat porte sur les vertus de la mondialisation. Et pas seulement, comme d’habitude, sur les tuyauteries pour redistribuer cette richesse. On peut rêver !

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