On l’a appris hier, François Hollande aimerait élargir aux étudiants qui font des petits boulots le bénéfice de la prime d’activité, la nouvelle aide sociale. Une bonne idée ?

Ecoutez, j’essaie d’habitude de répondre par oui ou par non mais, là, je ne sais pas ! Je vous propose donc de réfléchir ensemble, les auditeurs se feront leur propre opinion et on verra où cela nous mènera dans 2’30 ! De quoi s’agit-il ? Le gouvernement va fusionner la prime pour l’emploi (PPE) et le Revenu de solidarité active (RSA) pour créer la nouvelle prime d’activité. Opération simplification : très bien. Puis début mars, Manuel Valls a annoncé que cette prestation bénéficierait aussi aux moins de 25 ans qui travaillent. C’est un tournant parce que depuis 1988 et la création du RMI, les jeunes en étaient exclus. Cette ouverture, pourquoi pas parce qu’on sait que les conditions, notamment financières, d’entrée des jeunes sur le marché du travail sont difficiles.

Reste la question des jeunes qui cumulent travail ET études.

Oui. François Hollande a laissé entendre hier que le dispositif concernerait non seulement les jeunes qui sont des travailleurs comme vous et moi, mais aussi les étudiants ou les apprentis. En fait, s’il ne l’a pas dit explicitement pour ne pas cibler les étudiants, c’est de cela qu’il s’agit. A partir de là, c’est un débat politique, intellectuel, passionnant, qui s’engage. L’argument pour est le suivant : il faut aider les étudiants qui travaillent, les pousser à travailler, il faut valoriser le travail en faisant en sorte qu’il soit plus rentable. L’idée derrière : couper le "mur de Berlin" entre études et travail. Dans nombre de pays, les étudiants travaillent en parallèle de leurs études. Concrètement, il s’agit aussi de donner un coup de pouce aux jeunes qui ont du mal à financer leurs études et qui sont surveillants dans un collège ou travaillent dix heures chez Mac Do.

Mais il y a des arguments contre qui sont forts …

Que l’on susurre d’ailleurs y compris au sein du gouvernement, c’est pour cela que tout est loin d’être calé. Le premier argument, c’est qu’il y a pas tant de jeunes étudiants que cela qui ont vraiment du mal à financer leurs études. Et donc aider les autres, que les familles peuvent prendre en charge, cela coûte cher et il n’y a aucune raison que la collectivité fasse le tiroir-caisse. Pour ceux qui ont des difficultés, mieux vaut jouer alors sur le système de bourse d'étude, entend-on. L’autre argument, que l’on entend cette fois à droite, est de dire que commencer sa vie professionnelle avec un complément social au revenu du travail, c’est quand même un drôle de signal. Ce qui n’est pas faux.

Et donc conclusion ?

Le dispositif devra être encadré et concerner peu d’étudiants pour éviter le gaspillage. Ajoutons qu’un examen à l’entrée à l’université permettrait de s’assurer de la motivation des étudiants et justifieraient davantage d’aides sociales.

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