Ce que chacun des candidats a apporté à la campagne présidentielle.

Les « petits » (entre guillemets) ne me le pardonneront pas, mais on va se limiter à un apport des cinq principaux candidats. C’est évidemment subjectif, il s’agit d’essayer de discerner un élément positif que laissera, quel que soit le résultat, chacun d’entre eux dans une campagne qui fracture la France plus que jamais avec des candidats qui pourraient ne rassembler, chacun, qu’un électeur sur cinq. Alors, allons-y par ordre alphabétique. Reconnaissons d’abord à François Fillon un courage programmatique inédit. Quoi que l’on en pense, jamais un responsable de la droite n’était allé aussi loin avec des mesures pour certaines difficiles à avaler, et donc anti-électoralistes, sans chercher à séduire, parce qu’il pense qu’un choc libéral est absolument nécessaire pour la France. Benoît Hamon, ensuite, a ouvert une réflexion et un débat sur la place du travail dans une économie qui vit un basculement numérique évidemment sans précédent. Quoi qu’on en pense, la France s’est passionnée, pour ou contre, avec son revenu universel et c’est la question davantage que la réponse qui a marqué les esprits. Et Marine Le Pen ? Pas facile, et l’exercice est infiniment plus délicat. Mais comme c’est l’exercice, quoi qu’on pense des solutions dangereuses qu’elle propose -et on les a déjà commentées souvent ici-même-, elle incarne la colère de territoires en situation difficile, au-delà des métropoles : la fracture territoriale, clé aussi importante que la fracture sociale.

Il en reste deux…

Emmanuel Macron n’a pas seulement déplacé la ligne politique, il incarne un déplacement idéologique de la problématique des classes sociales vers l’individu autonome. C’est la revanche de Proudhon sur Marx, de la micro-économie sur la macro-économie et de l’égalité réelle des chances sur l’égalité formelle. Naturellement, on ne sait pas forcément où cela emmène. Enfin, Jean-Luc Mélenchon : exercice délicat, avec un programme que beaucoup de monde découvre à quelques jours du 1er tour. Quoi qu’en pense de ses solutions invraisemblables, il a marqué de son empreinte le débat sur l’Europe et sa façon de faire campagne (en meeting, numérique) en a ringardisé beaucoup d’autres. Voilà.

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