Ce matin, vous évoquez TF1, qui rêve d’une ... 3ème coupure publicitaire dans ses films.

Bientôt, encore plus d'écrans publicitaires sur TF1?
Bientôt, encore plus d'écrans publicitaires sur TF1? © Getty / Erik Dreyer

La demande vient d'être formulée par les dirigeants de TF1 devant une commission parlementaire. Concrètement, l’idée d’une 3ème coupure pub concernerait la diffusion de films très longs, comme Titanic (3 heures 15). 

Bien sûr, les réseaux sociaux se sont déchaînés. TF1 demande une autre coupure pub dans les films, nous on demande une coupure film dans les pubs, peut-on lire. C’est drôle. Bon, TF1 n’est pas masochiste et ne cherche pas à à gêner le téléspectateur pour le plaisir, au risque de le faire zapper. 

Mais si l’on en parle ce matin, c'est parce que cela révèle les fragilités du modèle des télévisions généralistes, qui craignent de perdre pied. En réalité, le groupe va bien, il a même enregistré une hausse de ses revenus publicitaires en 2017 - ce qui n’était pas arrivé depuis longtemps -, mais s’il va bien, il croise des récifs sur sa route. 

- Sa part d’audience était de 30 % il y a 15 ans, elle plafonne à 20 %, les tarifs de pub s’en ressentent ; 

- ensuite, la concurrence s’est démultipliée avec le nombre de chaînes ; 

- et enfin les géants du numérique grignotent chaque jour davantage de l’audience, YouTube, Netflix (3 millions d’abonnés), le streaming, toute la consommation délinéarisée. 

Bref, les menaces sont là, d’où une chaîne qui fait feu de tout bois pour sécuriser ses recettes, recettes qui sans la redevance des chaînes publiques ne tombent pas du ciel.

Avec quels leviers ?

Les coupures de pub en sont un, pour utiliser au mieux les fameuses 12 minutes par heure maximales. Depuis le 1er janvier, TF1 a obtenu le droit de couper ses journaux télévisés avec de la pub, mais on ne l'a pas encore vu. Le groupe vient aussi de gagner une manche contre Orange en obtenant que l’opérateur télécom le paie pour diffuser TF1 via ses box. 

Au total, TF1 et M6 réclament un allègement de tout un tas de régulations à leurs yeux obsolètes alors que Google ou Facebook n’en ont aucune. Mais la difficulté avec la pub, pour la télé gratuite est de trouver l’équilibre entre les recettes nécessaires et le moment où le téléspectateur dit stop et s’en va parce que trop c’est trop. 

En clair, il faut éviter de tuer la poule aux œufs d’or tout en le faisant pondre davantage mais seulement quand c'est nécessaire.

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