Les négociations entre les chauffeurs de VTC et les plates-formes numériques reprendront cet après-midi.

Elles reprendront au ministère des transports, et il faut souhaiter que les opérateurs comme Uber lâcheront du lest parce que la nouvelle économie ne peut pas être un paradis pour les consommateurs et un enfer pour les travailleurs. Au fond, chaque révolution dans l’économie suit les mêmes étapes depuis des siècles : d'abord l'émerveillement et l’enthousiasme devant l’innovation, puis le Far West parce que tout le monde se précipite, puis une forme de régulation, puis un blocage par des rentes qui se constituent. Avec les taxis, on en était à la rente ; avec les VTC, c’est encore le Far West. Un équilibre est à trouver mais qui ne décourage ni ne tue l’innovation et les nouveaux emplois, réels. Ces derniers mois, il y a eu beaucoup de désillusions du côté des chauffeurs qui certes ont trouvé un travail, mais dans des conditions difficiles dans la durée. Tant pour la rémunération (jusqu’à 4 euros/heure) que sur le nombre d’heures travaillées. A la vérité, l’équilibre est difficile à trouver : si les chauffeurs deviennent des salariés, le prix de la course devient insupportable pour le client ; s’ils restent indépendants comme les taxis mais sans les revenus des taxis, on passe de l’État-Providence à l’auto-Providence, c’est difficile à vivre.

Est-ce à l’État d’intervenir ?

Ecoutez, ce n’est pas à lui de fixer le tarif de la course sinon on revient au système malthusien des taxis rares et peu accueillants. Hier soir, les syndicats de chauffeurs ont menacé Uber avec une arme de dissuasion massive que je trouve très maligne. A 14 heures, si rien ne bouge, ils invitent les chauffeurs à se déconnecter de Uber et à ne travailler que pour les plateformes concurrentes, souvent françaises : Chauffeurs privés, Dryver, Allicab, etc. Bref, boycotter Uber. En espérant que les clients suivent. L’économie dans son ensemble est en train de basculer d’une économie de l’offre à une économie de la demande, ce sont les consommateurs qui font la loi. Il y a un moyen de voir si, nous, consommateurs sommes prêts à changer le marché et ne pas nous contenter de grands et beaux discours sociaux tout en pensant à payer le moins cher possible une course. La question est donc : qui veut ubériser Uber ?

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