L’Insee a affiché hier soir des prévisions optimistes pour la croissance française.

Oui, la croissance s’approchera des 2% cette année (1,9% précisément), pour la 1ère fois depuis 2011, et 2018 pourrait finir sur bien plus de 2%. Il serait excessif de dire que c’est va mieux que bien mais ce n’est pas mal du tout. Alors, au-delà de l’envie de savoir si c’est dû aux graines semées par François Hollande qui éclosent ou au climat plus favorable créé par Emmanuel Macron (çà c’est aussi compliqué que le sexe des anges), la question posée est simple : que faire de cette embellie ? La tentation peut exister de mettre la pédale douce sur les réformes, après sept mois très remplis, notamment sur la fiscalité et le marché du travail. Après tout, plus de croissance, ce sont plus de recettes fiscales et sociales qui rentrent -et au passage l’Insee nous révèle (surprise) que les ponctions sur les ménages grimperont de 5 milliards d’euros l’an prochain (et c'est bon pour les comptes publics). Plus de croissance, ce sont des emplois qui se créent (c’est mieux pour le chômage). Plus de croissance, c’est un paysage politique éclairci. 

Mais en réalité, appuyer sur la touche pause serait une mauvaise idée. D’abord parce que dans certains domaines, le gouvernement est encore flou : le logement et l’énergie notamment. On attend des clarifications. Ensuite et surtout parce qu’il se passe quelque chose de troublant : la France a du mal à faire baisser son taux de chômage sous les 9% même avec une bonne croissance -et la baisse des emplois aidés n’explique pas tout. Comme si nous butions déjà sur un plancher de verre. Une entreprise sur trois signale des difficultés de recrutement, proportion inédite depuis dix ans. Cela veut dire qu’Emmanuel Macron et Edouard Philippe ne doivent pas louper leur coup (pardonnez cette expression triviale) sur la formation, l’assurance-chômage et le contrôle de la recherche d’emploi.

Ce mieux économique a quand même des avantages

Oui, couplé avec un mieux dans les sondages, il donne de l’air financier à l’exécutif pour, par exemple, organiser et « acheter » des réformes des services publics. Cela semble être son intention. Et ce mieux créé aussi un climat moins anxiogène, moins risqué, sur des sujets plus impopulaires sur lesquels Edouard Philippe est très très motivé : par exemple imposer le 80 kms heure sur les routes départementales au nom de la sécurité routière.

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