Paris, Nice, et maintenant Bordeaux… les taxes sur les résidences secondaires augmentent, qu’est-ce qui se passe ?

Le coupable s’appelle AirBnB ! Depuis que les internautes peuvent louer leur appartement via cette plate-forme Internet, c’est la folie des résidences secondaires. Tout le monde veut en profiter, parce qu’un meublé, à la nuit, on peut en tirer un bon prix. 

Mais les élus locaux sont inquiets. Où les étudiants vont-ils dormir ? Et les familles modestes ? Pour « produire du logement », comme on dit dans les services d’urbanisme, il faut d’abord que les propriétaires vendent, ou acceptent de louer à des prix raisonnables.

Ca méritait bien une incitation fiscale. Depuis 2015, les villes peuvent surtaxer les résidences secondaires, jusqu’à 20% de taxe d’habitation supplémentaire. Comme ça ne suffisait pas, les députés viennent d’autoriser les communes à porter ce taux jusqu’à 60%. C’est ce que s’est empressé de faire Christian Estrosi à Nice, comme Anne Hidalgo à Paris. A Bordeaux, Alain Juppé va monter à 50%. 

Est-ce que ça suffira à remettre des logements sur le marché ?

Dans l’immédiat, ça va surtout regonfler les recettes des villes. La surtaxe pourrait rapporter 43 millions d’euros à Paris, et 150 millions dans tout le pays. 

Côté dissuasion, la capitale espère que les propriétaires vont vendre plusieurs milliers de logements.

Est-ce que ça peut marcher cette fois ? Oui, parce qu’il n’y a pas que la surtaxe. Il y a aussi une flopée de nouvelles contraintes pour les loueurs AirBnB. Des seuils de revenus à ne pas dépasser. Une taxe de séjour qui grimpe. Un numéro d’enregistrement obligatoire. 

Vu de loin, on a l’impression qu’AirBnb, Uber, bref, toutes ces plateformes Internet venues des Etats-Unis, vont tout dévorer, tout renverser sur leur passage. 

En réalité, le vieux monde n’a pas dit son dernier mot. Les VTC sont plus chers depuis le début de l’année, à cause d’une nouvelle réglementation. Les Urssaf sont en embuscade. Et les travailleurs indépendants se mettent en grève. Ce n’est pas le crépuscule des plates-formes, mais ça ressemble fort à une remise en ordre.

   

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.