L’Allemagne vient d’annoncer la création d’un minimum de pension : une vraie conquête sociale ?

C’est même « la plus grande réforme de politique sociale de cette législature », selon le gouvernement allemand, qui la prépare depuis deux ans. 

De quoi s’agit-il ? Attention, rien à voir avec le minimum vieillesse, accordé aux personnes sans ressources. Là, on parle d’un minimum de pension pour les travailleurs qui ont cotisé pendant 35 ans au moins, et qui touchent quand même une retraite indigne. Il existe déjà chez nous ; d’ailleurs Emmanuel Macron a promis de le porter à 1.000 euros par mois dès 2022. 

Concrètement, une femme de ménage dans un hôpital allemand, qui perçoit 770 euros par mois après 40 ans de cotisation touchera 300 euros de plus grâce au minimum. Presque assez pour passer au-dessus du seuil de pauvreté, qui est un peu plus élevé chez nos riches voisins.

Budget : un peu plus d’un milliard d’euros par an. Il y a eu une longue bataille pour modérer la dépense.

Pourtant, il fallait vraiment la faire, cette réforme qui va profiter aux femmes. Leur pension est quasiment deux fois plus faible que celle des hommes, parce qu’elles ne font pas carrière : elles doivent s’occuper des enfants, sinon on les traite de « mères corbeaux ». 

En fait, le système de retraite outre-rhin ne protège pas très bien les travailleurs. Le taux de pauvreté des retraités allemands est supérieur de dix points au taux français. 

Quels enseignements pour nous en France ?

Nous n’avons pas à rougir ! On se plaint souvent en France. Mais « quand je me regarde, je me désole ; quand je me compare, je me console ». 

D’abord, nos retraités sont moins pauvres que le reste de la population, avec un taux de pauvreté de 8% au lieu de 14%. Le système de retraite réduit quasiment de moitié les inégalités observées pendant la vie active. 

Ensuite, même sans réforme, notre système est déjà un peu universel. Tout le monde cotise en répartition, c’est obligatoire, alors qu’en Allemagne, plus de 3 millions de chefs d’entreprise ou de commerçants en sont dispensés. Résultat, 3% de la population vit aux crochets de l’aide sociale après 65 ans. 

Et pour finir, l’âge de départ. En France, on nous parle d’âge d’équilibre à 64 ans. On était mieux avec la retraite à 60 ans. Mais savez-vous que les Allemands visent 67 ans en 2030 ? Il n’y a pas de morale dans cette histoire de choc démographique, mais si vous le pouvez, faîtes des bébés…

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