Dès ce matin, les lycéens commenceront à s’inscrire dans l’enseignement supérieur et c’est aussi un sujet économique.

Oui, le portail que les parents connaissent bien, APB, Admission Post-Bac, est disponible sur Internet ce matin. Les lycéens ont jusqu’au 20 mars pour formuler leurs vœux pour le supérieur. Pourquoi est-ce aussi un sujet économique ? Parce que le choix de chaque jeune est dicté en priorité par l’attirance pour telle ou telle filière, et c’est l’essentiel bien sûr. Mais deux autres éléments comptent ou devraient compter également : les aptitudes et les débouchés professionnels. Cela veut dire combien ce choix est difficile et qu’il ne faut pas se tromper. Une étude de France Stratégie (l’organisme de réflexion du gouvernement) publiée il y a quelques jours livre l’air de rien un chiffre glaçant. Quand il y a dix étudiants qui s’inscrivent en 1ère année dans telle ou telle licence, il y en a seulement quatre qui seront dans la même licence, la même filière, en deuxième année. Donc, six sur dix auront arrêté ou changé d’orientation. On peut se dire que c’est normal ou formidable de tester une formation puis d’aller ailleurs. C’est vrai : il existe un droit à l’erreur, surtout à 18 ou 19 ans. Mais le plus probable quand même est que c’est un échec collectif, une perte de temps et d’énergie, de la frustration individuelle.

Et c’est aussi coûteux financièrement.

Le coût global de ces « accidents de parcours » est évalué à plus de 500 millions d’euros par an par France Stratégie. C’est-à-dire le budget de fonctionnement de deux universités françaises de taille moyenne. Ce n’est pas rien. Difficile de se dire qu’il n’y a pas quand même un gâchis formidable.

APB est quand même un progrès, non ?

Il y a un peu plus d’informations disponibles sur les débouchés, les taux d’échecs, les salaires. Mais APB s’inscrit dans le système général actuel qui refuse, sauf exceptions de plus en plus nombreuses mais cachées, des admissions sur dossier et sur candidature. Ce qui serait pourtant la solution la plus égalitaire. APB est donc davantage un système, un logiciel, de répartition des lycéens -y compris par tirage au sort- qu’un système d’orientation au mérite. Un jeune actif sur quatre est au chômage : la mauvaise transition entre le lycée et le supérieur n’y est pas pour rien.

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