Le nombre de naissances a reculé de 10% en dix ans en France. La restriction sur les politiques familiales a sans doute amplifié des tendances plus lourdes.

Ce matin, de la démographie : en 2020, le nombre de naissances a été le plus bas depuis 1945.
Ce matin, de la démographie : en 2020, le nombre de naissances a été le plus bas depuis 1945. © AFP / Catherine Delahaye

Ce matin, de la démographie : en 2020, le nombre de naissances a été le plus bas depuis 1945. Deux questions se posent : pourquoi ? Et est-ce grave, docteur ? L’année dernière 740 000 bébés sont nés en France, c’est 13 000 de moins qu’en 2019, mais c’est surtout 90 000 de moins qu’il y a dix ans, et c’est le niveau le plus bas depuis 1945. Année après année, une décennie de recul. 

Pourquoi un tel recul de la natalité ?  

Premier point : rien à voir avec le Covid puisque les effets du Covid se constateront seulement cette année compte-tenu des neuf mois existants entre la conception d’un enfant et sa naissance. L’Insee explique aussi que ce n’est pas le nombre de femmes en âge de procréer qui a plongé, mais bien le taux de fécondité. Alors pourquoi ? Alors, il y a les explications de gauche, les explications de droite et les explications d'ailleurs -bon on va caricaturer un peu. 

A gauche, on peut, pour analyser la baisse des naissances, mettre en avant l’autonomie des femmes dans la gestion de leur carrière professionnelle (et s’en féliciter) ; les prix de l’immobilier (les familles ne peuvent plus se loger) ; et la situation sociale (les incertitudes du marché de l’emploi). 

Chez les écologistes, on invoquera un moindre appétit pour mettre au monde des enfants qui naîtront sous un climat trop réchauffé et instable. 

La droite, enfin, citera les coups de canif dans la politique familiale depuis dix ans, surtout sous le quinquennat Hollande. Le quotient familial a été diminué deux fois, les allocations familiales ont été placées sous condition de revenus etc. Les bas revenus n’ont pas été concernés, mais les moyens et hauts revenus si, et la Nation a envoyé le message que les familles nombreuses ne sont plus encouragées. 

Dans tous ces facteurs, qu’est-ce qui l’emporte ? Disons qu’ils se cumulent et on peut y ajouter l’avis des sociologues : ils pointent la moindre influence du catholicisme et une fécondité moindre dans les descendants de l’immigration. Ce qui est certain est que la réduction des politiques familiales a accentué d’autres tendances. 

Ce recul est-il grave ?

La France reste un pays où la natalité est plus forte qu’ailleurs en Europe, mais elle se situe désormais nettement sous le seuil de remplacement des générations de 2,1 enfants par femme. L’emploi et le financement des retraites ne sont pas menacés à court terme bien sûr et les évolutions sociétales se constatent plus qu’elles ne se jugent. Mais au total, -10% de naissances en seulement dix ans, oui c’est inquiétant et signifiant.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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