L’Europe va-t-elle durcir le ton vis-à-vis de la Chine ? Critiquée pour sa faiblesse face au dumping commercial, la Commission doit dévoiler aujourd’hui une stratégie plus ferme.

L’Europe va-t-elle durcir le ton vis-à-vis de la Chine ? Critiquée pour sa faiblesse face au dumping commercial, la Commission européenne doit dévoiler aujourd’hui une stratégie plus ferme …

Oui on parle beaucoup du Brexit, mais l’Europe est à un tournant sur un autre sujet essentiel : ses relations commerciales avec la Chine, et avec les grandes puissances en général. Je pense au fameux accord transatlantique en discussion. Grosso modo, il est reproché depuis des années à l’Union européenne d’ouvrir ses frontières sans obtenir suffisamment en échange. Ce procès d’une Europe passoire et passive est exagéré, mais qu’importe, il fait des dégâts dans l’opinion. L’attitude de l’Europe vis-à-vis du made in China va donc avoir valeur de test. Et le vent semble tourner. Alors que la Chine inonde le marché mondial d’acier à bas prix, Bruxelles a montré ses muscles au début du mois en imposant des taxes rétroactives. Et hier, l’Union européenne a attaqué Pékin devant l’Organisation mondiale du commerce. En cause cette fois : des prix trop élevés de la Chine sur le graphite, le cobalt et d’autres métaux si précieux pour les industriels européens.

Quel est l’objet précis de la réunion d’aujourd’hui ? La Commission doit statuer sur une question clef : la Chine est-elle une économie de marché ? Sans respecter les règles d’une telle économie, elle a en effet bénéficié d’une dérogation depuis 15 ans : l’accès à des marchés d’un côté, mais la possibilité pour les Etats d’imposer facilement des droits de douane de l’autre. Sauf que le temporaire prend fin en décembre. Et si la Chine obtient le statut d’économie de marché et accède à l’OMC, l’Europe risque de ne plus pouvoir se défendre. Voilà pourquoi Bruxelles travaille en ce moment à une nouvelle boîte à outils anti-dumping, qui tienne la route quoi qu’il arrive. C’est un changement de cap. La Commission voulait jusque-là surtout éviter un clash, mais elle a compris qu’il serait impossible d’accepter une déferlante de produits chinois.

Le non des britanniques au référendum a vraiment changé la donne à Bruxelles ? Le Brexit a créé un électrochoc, la montée des populismes aussi. Il y a d’autres signaux de ce changement d’état d’esprit, comme sur le dossier des travailleurs détachés. La commissaire à l’emploi Marianne Thyssen va proposer aujourd’hui de passer outre le refus des Etats de l’Est de l’Europe de durcir les règles. Elle a conscience que ce dumping social exaspère les salariés et mine le projet européen. Si le Brexit peut aussi avoir des effets bénéfiques, on ne viendra pas s’en plaindre.

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