L’emploi à domicile repart. Les salaires versés ont progressé de 2,2% en début d’année. D’où vient ce redémarrage ?

On aimerait y voir un nouveau signe de reprise économique. Les Français, ayant à la fois plus d’argent et plus de confiance, dépenseraient davantage en garde d’enfants, heures de ménage et soins de jardinage. Mais c’est sans doute une fausse piste ! Si le nombre d’heures déclarées progresse pour la première fois depuis six ans, c’est tout simplement parce que la fiscalité a bougé. L’an dernier, les cotisations sociales ont baissé sur ces salariés.

Et puis il y a eu un autre changement

Avant, les employeurs à domicile bénéficiaient d’une baisse de leur impôt sur le revenu. Depuis le 1er janvier 2017, le système a été étendu. Ces employeurs peuvent bénéficier de la baisse même s’ils ne paient pas d’impôts sur le revenu. C’est ce qui s’appelle un crédit d’impôt : le Trésor public leur remboursera la moitié des sommes dépensées. Une gâterie qui devrait s’élever à un milliard d’euros par an. Ce qui montre au passage que l’emploi à domicile n’est pas un privilège de riches.

Au bout du compte, la hausse du nombre d’heures déclarées veut bien dire qu’il y a davantage d’emplois à domicile ?

Et bien non. Ca veut dire qu’il y a davantage de travail déclaré, et ce n’est pas la même chose. Chaque fois que le gouvernement accorde de nouveaux avantages fiscaux, le nombre d’heures déclarées progresse. Et quand il serre la ceinture, le nombre recule. Ca, on le sait parfaitement, puisque le système n’arrête pas de changer depuis vingt ans. Mais il y a d’excellentes raisons de supposer que la demande ne change pas aussi vite que les dispositifs de Bercy. Quand les parents font garder leurs enfants le mercredi, beaucoup d’entre ne vont pas les faire garder davantage parce que le gouvernement bidouille un paramètre fiscal. En réalité, quand les heures déclarées montent, le travail au noir baisse. On n’est pas dans une logique de création, mais de vases communicants.

Mais alors, comment faire pour soutenir réellement la création d’emplois à domicile ?

D’abord, on peut se demander si c’est souhaitable. Certains dénoncent le retour à la domesticité du XIXe siècle. Si on surmonte cette réticence, en arguant par exemple que le droit du travail a progressé, il faudrait dans l’idéal un système simple et stable pour limiter le coût du travail à domicile. Jusqu’à présent, ça a été totalement impossible en France. Mais il paraît que l’espoir fait vivre.

L'équipe
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.