L'obligation de porter un masque dans les commerces aura un effet léger déprimant sur la consommation. Mais l'essentiel est d'éviter une deuxième vague de récession de l'économie.

Des masques pour éviter le reconfinement
Des masques pour éviter le reconfinement © Getty / ArtMarie

Le port du masque devient obligatoire en lieu clos. Qu’est-ce que cela change pour l’économie ?

La réponse est simple : l’idée est d’accepter quelques contraintes pour éviter que la vie économique, et nos vies tout court, changent beaucoup, de force, dans quelques semaines, parce que la situation s’aggraverait. 

Autrement dit, imposer le port du masque, le faire respecter dans les commerces, les grandes surfaces, les marchés couverts, les administrations et les entreprises qui accueillent du public, tout cela permettra (on l’espère) de ne pas revenir à un confinement qui mettrait à nouveau l’économie à l’arrêt. 

De toute évidence, ce lundi 20 juillet marque une nouvelle étape pour la consommation, qui était presque revenue à son niveau « normal » depuis le mois de juin -sauf bien sûr dans le transport aérien. Dans ce climat qui redevient anxiogène, il est possible que les Français se rendent moins dans les magasins. Ces derniers jours, il y a semble-t-il moins de monde qu’espéré pour les soldes d’été. La situation va redevenir compliquée aussi pour par exemple les restaurateurs qui n’ont pas la possibilité d’avoir des tables en terrasse.

Logiquement, toutes les entreprises se posent aussi des questions d’organisation : leurs salariés sont partis en télétravail en mars-avril-mai, certains sont revenus dans les bureaux en juin-juillet, et aujourd’hui leur demande-t-on de porter un masque ou de repartir chez eux ? 

Les chantiers extérieurs, ceux du bâtiment et des travaux publics, ne sont pas concernés par ce nouveau port obligatoire du masque. Mais les salariés pourraient bien le demander. 

Au total, disons qu’au minimum, une ombre apparaît sur le redémarrage de l’économie.

Mais voilà aussi relancé le débat entre priorité sanitaire et économique

Vous vous souvenez, pendant le confinement, un certain nombre de voix disaient : « on en fait trop ». Cela voulait  dire : « On arrête trop l’économie, la catastrophe économique sera plus lourde que la catastrophe sanitaire ». Ce qui se passe aux Etats-Unis montre que ce discours est erroné. Quand Donald Trump laisse l’épidémie se répandre, il en perd le contrôle.  

Mais la donne a quand même changé : la bonne nouvelle par rapport aux mois de février-mars est qu’il n’est plus forcément nécessaire d’en « faire autant » pour enrayer l’épidémie, le confinement moyenâgeux n’est plus la seule solution. 

Beaucoup a été appris, sur la protection face à elle : se masquer, tester. Sur les modalités de la contagion. Sur la façon de traiter les cas graves. Sur les personnes à risque : le virus a fait seulement 365 morts chez les moins de 50 ans. Le moment où l’on disposera d’un vaccin s’est lui aussi rapproché -si on dispose un jour d’un vaccin bien sûr. 

Bref, et excusez-moi de terminer par une banalité, la responsabilité, sanitaire et économique, est entre les mains des pouvoirs publics, d’abord, et de chacun de nous, aussi. 

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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