Vous adressez un salut et un encouragement à tous les jeunes qui vont plancher, dans 30 minutes, sur l’épreuve d’économie du bac.

Aux candidats et aux enseignants qui les ont préparés. Ce matin, ce sont plus de 100.000 lycéens de la filière Economique et Social (ES) qui plancheront sur l’épreuve d’économie, très importante. Mais cette épreuve existe dans bien d’autres filières professionnelles, comme les STG. La première chose que l’on a envie de leur dire à tous, c’est qu’ils ont bien raison de s’être passionnés pour cette matière cette année – parce que l’économie est passionnante. Chaque fois que deux personnes sont en face l’une de l’autre, il y a de l’économie ! C’est une matière en prise totale avec le monde qui nous entoure mais aussi complexe, dont l’horizon est très large. Même l’épreuve de philosophie proposée lundi dernier a un écho économique : « que devons-nous à l’Etat ? » !

Vous avez quatre conseils à donner aux candidats…

Conseils avec le sourire. Conseil numéro 1 : ne paniquez pas si vous n’êtes pas absolument sûrs de vous, il arrive aux plus grands de se tromper. Pensez-y : l’économiste en chef du Fonds monétaire International a reconnu il y a quelques semaines que le FMI s’était lourdement trompé dans l’évaluation des effets de l’austérité (dans les calculs en fait) sur la Grèce ou l’Espagne. Excusez du peu ! Donc, n’ayez pas de complexe ! Conseil numéro 2 : ne donnez pas d’opinion personnelle, un avis argumenté sans doute, mais une opinion non. Laissez cela aux économistes et aux journalistes, vous vous tromperez moins qu’eux… Conseil numéro 3 : en économie ou en social, les chiffres sont importants, on ne peut pas s’en passer, mais ils sont tous à manipuler avec suspicion. Conseil numéro 4 : n’oubliez pas que l’économie ce ne sont pas seulement des grands équilibres, des tendances, ce sont aussi des aventures humaines, de salariés qui vont bien ou mal. Mais aussi d'entrepreneurs. Ces jours-ci démarre la construction, par un groupe de BTP français, d’un pont géant de 10 kms entre Macao et Hong Kong.

Vous avez dit quatre conseils, vous en avez un cinquième !

Soufflé par mon confrère des Echos Daniel Fortin à qui je posais la question hier soir. Que les candidats fassent preuve d’un peu d’optimisme sur l’avenir et oublient quelques instants le déclinisme maladif de leurs aînés – c’est-à-dire nous. Mais là, j’ai peur que l’on s’éloigne du Bac.

Evidemment, une dernière question : avez-vous une idée de ce qui pourrait tomber au bac ce matin ?

Aucune. Mais si les sujets étaient choisis par des journalistes, la question serait posée de la gestion de la crise économique en Europe depuis 2008 ; il y en aurait une autre sur la compétitivité ; et une autre sur les moyens à mettre en œuvre pour que les jeunes ne soient pas, en Occident, la génération perdue de la crise, comme le disait Obama hier à Berlin. Et si, dans une demi-heure, les candidats sèchent sur le sujet, qu'ils imaginent que les 7 ministres économiques de Bercy planchent avec eux dans la même salle d'examen. Et qu’ils sèchent tout autant !

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