Ce sont trois pages noyées dans la grosse note de conjoncture de l'Insee publiée vendredi, pages peu vues...

De ces prévisions, on a retenu la baisse attendue du chômage et le retour de l'investissement des entreprises. On a raison : ces temps-ci, il n'y a pas tant de bonnes nouvelles. Mais l'institut de la statistique a aussi fait tourner ses ordinateurs pour regarder dans le détail l'effet, aujourd'hui, des hausses d'impôts massives décidées sur les ménages français il y a quatre ou cinq ans. C'est stupéfiant: cet effet est encore massif. En 2013, la croissance, à cause de ces prélèvements, a été amputée de 0,7 point, en 2014 de 0,6 point et l'an dernier de 0,3 point. Cette année, c'est moins, mais cela continue.

Pourtant, depuis 2014, il n'y a plus de hausse d'impôt, il y a même des petites baisses.

Mais voilà, il y a un effet de traîne auquel personne n'avait pensé. Le relèvement de l'impôt sur le revenu, le quotient familial, la fiscalité du capital, puis la TVA et les taxes sur l'énergie ont plombé lourdement le pouvoir d'achat. Les ménages ont d'abord puisé dans leur épargne. Mais ils ont ensuite reconstitué cette épargne, pour se loger -et paf cela pèse sur la consommation. Bref, s'il n'y avait pas eu des hausses d'impôt aussi fortes, la croissance aurait été plus élevée. A ce stade, vous pensez : oui, mais ces impôts sur les particuliers ont au moins aidé les entreprises. Ben non, le Pacte de responsabilité et le CICE ont juste effacé les hausses de prélèvements antérieures sur les entreprises, celles de la fin du quinquennat Sarkozy et du début de celui de Hollande : au total zéro balle au centre.

Conclusion ?

Nous continuons à payer cher le tour de vis fiscal le plus lourd depuis longtemps. Sans lui, le chômage aurait baissé bien plus tôt, comme ailleurs. Cette erreur historique a été le résultat d'une mystification. Les études invoquées à l'époque disaient que des hausses d'impôt pour baisser les déficits avaient moins d'effet négatif que les économies dans les dépenses. Ces études oubliaient juste un détail: ce raisonnement n'est pas valable dans un pays où les prélèvements sont parmi les plus élevés au monde. Conclusion ? Ecouter les économistes avec modération !

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