Les ennuis, pour le nouveau gouvernement, commencent sur les finances publiques.

Oui, c’est la semaine prochaine que la Cour des comptes publiera son traditionnel audit, mais deux « tuiles » tombent d’ores et déjà sur la tête d’Emmanuel Macron et d’Edouard Philippe dans ce domaine. La première concerne le très court terme. La question est la suivante. Le président s’est engagé à ce que le déficit public ne dépasse pas cette année les 3% du produit intérieur brut, plafond européen. Le budget laissé par François Hollande était théoriquement calé sur 2,8%. Théoriquement, parce que les experts n’y avaient pas cru il y a un et que Bercy l’estime aujourd’hui, ce déficit, à 3,2% -selon des calculs encore officieux. C’est ce que pourrait dire la Cour des comptes. Bref, il manque 4 milliards d’euros, il faut les trouver alors qu’on voit mal Emmanuel Macron augmenter la TVA ou l’impôt sur le revenu. Le gouvernement essaiera de s’en tirer en raclant les fonds de tiroirs mais est-ce que cela suffira ? Ce qui est sûr, c’est que l’Europe regardera de près la concordance entre le discours et les actes. A Bercy, chez Gérald Darmanin et Bruno Le Maire, cela phosphore sec.

C’est le court terme, mais une autre tuile va tomber aujourd’hui.

Qui concerne le moyen terme et les retraites. Le rapport annuel du COR, le conseil d’orientation des retraites, organisme indépendant avec le patronat et les syndicats autour de la table, montre que contrairement à ce que l’on disait ces dernières années, l’équilibre du régime des retraites n’est pas assuré. Avec des nouvelles projections démographiques, y compris d’immigration, et sur la productivité également, le besoin de financement atteindrait 9 milliards en 2021. Or, Emmanuel Macron a toujours dit dans sa campagne qu’il n’y aurait ni relèvement de l’âge de la retraite ni baisse des pensions sous son quinquennat. Il prévoit, on le sait, une remise à plat avec un régime par points mais sans toucher à ces paramètres. A l’inverse, tous les candidats de la droite anticipaient, eux, le besoin de nouvelles mesures. C’est donc un premier double rappel pour l’exécutif, un rappel encore tout en douceur, mais sur un sujet, les finances publiques, qui a intéressé peu de monde pendant la période présidentielle.

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