La croissance ralentit déjà, selon l’Insee. Qu’est-ce que cela change pour le gouvernement ?

Eh bien paradoxalement, cela pourrait arranger ses affaires. Alors entendons-nous bien, à condition que cela reste un coup de mou passager, c’est plutôt la thèse des experts. Mais je m’explique : depuis plusieurs semaines, le débat est monté dans la majorité sur un éventuel virage social. Après le temps des réformes libérant l’économie, le temps était venu de la redistribution. Et un retour à la promesse macronienne d’égalité des chances.

La forte croissance de 2017, et les espoirs de cagnotte budgétaire, y ont contribué. Le ralentissement jette un froid. Et va calmer les ardeurs dépensières. Pour l’Elysée et Matignon, cela confirme qu’il faut poursuivre les réformes. Avec pour enjeu, l’augmentation du potentiel de croissance. Car le plus inquiétant dans la note de l’Insee, ce n’est pas le mauvais début d’année. C’est l’impression que le moteur reste bridé, que l’économie ne peut pas accélérer à plus de 2 % sans revenir à sa vitesse de croisière, trop faible pour vraiment réduire le chômage.

Débrider le moteur, ça passe par la loi sur les entreprises, la réforme de la formation ou de l’université. Pas de changement de cap, donc, mais une obligation de résultats sur la croissance. 

Moins de croissance, c’est aussi plus de déficit que prévu ?

Il y a un risque, selon la Banque de France. Mais il y a surtout la nécessité de réaliser les économies promises par Emmanuel Macron. Avec une croissance au zénith, la pression avait baissé d’un cran ; là, la donne est changée. Les arbitrages du budget 2019 seront plus difficiles. D’autant que depuis le débat sur les aides sociales, ce terrain est miné.

Alors il n’y aura pas de grand soir, pas de grand plan de réduction des dépenses comme il était prévu début juillet. Le gouvernement va égrainer les réformes, au coup par coup. Après l’audiovisuel public, il y aura le plan pauvreté, des annonces sur l’hôpital ou encore une refonte des services de Bercy. Quant au fameux rapport "CAP 2022", qui recense toutes les pistes, il ne devrait être publié qu’à l’automne. Après le budget. On verra alors si cette méthode était la bonne.

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