Les émissions de CO2 ont diminué en France en 2018 -ce qui n'intéresse manifestement personne. A condition d'être sous pression réglementaire et/ou fiscale, les entreprises peuvent trouver des solutions technologiques contre la catastrophe climatique.

Éolienne en mer
Éolienne en mer © Getty / Smith Collection/Gado

Les émissions de CO2 de la France ont diminué de 4,2% en 2018, selon les données publiées par le Citepa, le centre interprofessionnel technique d’études de la pollution atmosphérique. La France a émis 445 millions de tonnes équivalent CO2. C’est une bonne nouvelle dont s’est réjoui à juste titre François de Rugy, le ministre en charge, mais pour le reste silence radio. On imagine  (en fait, on sûr et certain) que si le mouvement avait été dans le sens inverse, on en aurait davantage parlé – le recul de 2018 succède d’ailleurs à 3 années de petite hausse

D’où vient ce mieux ? D'une raison conjoncturelle : un hiver plutôt doux (on s’en souvient, on s’est moins chauffé) et la question est de savoir s'il était dû au réchauffement climatique.  Mais les émissions des transports ont vraiment aussi marqué le pas, notamment les voitures particulières. 

Avec du recul, les émissions de CO2 ont plongé de 16% depuis 1990 alors que les Français sont plus nombreux et que la taille de l'économie, le PIB, a augmenté de 50%. La croissance n’est donc pas incompatible avec la lutte contre le réchauffement. Bien sûr, la désindustrialisation a joué, la France importe des produits dont la production a pollué ailleurs, mais quand même. Bref, la technologie apporte des solutions et elle continuera à le faire, c’est une course de vitesse dans le monde entier en tandem avec les réglementations que doivent mettre en place les politiques.  C''est le rôle des responsables politiques de mettre un pistolet sur la tempe des entreprises pour qu'elles aillent plus vite. 

Ces dernières années, les progrès sur les voitures électriques ont été considérables. Il n'y aucune raison de penser que cela ne va pas continuer. Deux exemples tirés de l’actualité immédiate montrent que des technologies vont être disponibles dans nombre de domaines. 

Au Salon du Bourget, on ne voit pas d’avion électrique, ce n’est pas pour l’instant possible compte tenu de la puissance nécessaire au décollage. Mais les constructeurs réfléchissent à des avions hybrides -une taxation accrue du kérosène les aiderait d'ailleurs à réfléchir plus vite. Les experts du BCG, eux, parient de leur côté sur l'arrivée d'avions électriques de 50 places au cours des prochaines années. 

Dans un autre domaine, des entreprises spécialistes des énergies renouvelables, comme Eolfi, poussent le gouvernement à amplifier, à l'occasion de la discussion de la Programmation pluri-annuelle de l'énergie (PPE), les efforts sur l’éolien flottant (par opposition à l'éolien posé à 20/30 mètres de profondeur), qui offre l’avantage de beaucoup de puissance loin des côtes sans nuisance et dont les coûts de production diminuent vite.  Ces professionnels estiment qu'une filière tricolore peut émerger et s'exporter, notamment en Asie.

Le climat est un défi inouï pour notre temps, mais il n'y a pas de raison d'en faire un sujet religieux. Il convient aussi regarder les choses (si on peut dire) froidement.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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