Les Etats-Unis de Donald Trump ont marqué un point ce week-end contre le libre-échange.

Cela s’est passé à Baden Baden, en Allemagne à l’occasion de la réunion des ministres des Finances du G20. Le communiqué final porte la marque de la nouvelle équipe américaine sur deux points. La lutte contre le protectionnisme ne figure plus dans les objectifs du G20 et le financement de la lutte contre le réchauffement climatique a lui aussi disparu. Dans les deux cas, c’est Washington qui a dit non. Sur le climat, le représentant américain a expliqué que ce n’était pas de sa compétence, chacun a fait semblant de le croire. Mais c’est un tournant sur le commerce international puisque le soutien au libre-échange était un passage obligé depuis 2005 et même depuis 1995, date des derniers accords sur le commerce. Cette posture à Baden Baden a paru d’autant plus signifiante qu’au même moment Donald Trump affichait une mine boudeuse à côté d’Angela Merkel dans le Bureau Ovale. Ces décisions ont été publiquement très critiquées par le français Michel Sapin, qui s’est « lâché » pour sa dernière réunion dans cette enceinte.

Sur le fond, que signifie cette déclaration de Baden Baden ?

Il y a deux lectures possibles. La première est que les Etats-Unis mettent sous pression la Chine, l’Allemagne et le Mexique, trois pays dont Trump estime qu’ils « volent » les emplois des ouvriers américains. On ne voit pas du tout en quoi Volkwagen vole des jobs quand les Américains préfèrent acheter des voitures allemandes, mais bon pourquoi pas ? Les modalités du libre-échange sont toujours à discuter, rien n’est écrit dans le marbre - et effectivement il y a des perdants et des gagnants, surtout avec la Chine. Le problème est que Washington veut changer les règles tout seul, brutalement. Le problème est aussi que Donald Trump affirme défendre l’ouvrier américain mais il supprime la couverture santé et la distribution de repas aux nécessiteux. La seconde lecture de Baden Baden, celle de plusieurs participants, est que c’est encore la pagaille -pour ne pas utiliser un autre mot- dans l’administration Trump, que le président fait régner la terreur et la preuve en est que Steven Mnuchin, le secrétaire au Trésor, a, pendant les réunions, lu ses notes d’un air penaud sans croiser le regard de ceux qui l’écoutaient comme s’il n’était pas d’accord. Ça promet.

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