La France compte ce matin une licorne de plus... Explications !

Le site Doctolib (Capture d'écran)
Le site Doctolib (Capture d'écran)

Il s’agit de Doctolib, le service de prise de rendez-vous en ligne pour les consultations de médecins, qui vient de lever 150 millions d’euros, qui n’est pas coté en Bourse mais qui revendique désormais une valorisation supérieure à un milliard de dollars. Ce critère (le milliard de dollars) détermine ce que l’on appelle (voilà) les licornes, et la France en comptait déjà trois : la plateforme de streaming audio Deezer, le covoitureur Blablacar et le site de vente en ligne vente-privee.com. Auquel on peut ajouter, même s’il est coté à New York, le spécialiste du ciblage publicitaire Critéo. Le succès de Doctolib constitue une bonne nouvelle, même si évidemment on reste loin des géants Américains et Asiatiques du numérique  dont on parlait avec une certaine angoisse pour l’Europe hier. 

Créée en 2013, soit pratiquement hier, la plate-forme permet de prendre des rendez-vous auprès de 75 000 professionnels de santé et 1.400 établissements en France et en Allemagne, dont les Hôpitaux parisiens depuis quelques temps. Chaque mois, le site a 30 millions de visites, il raccourcit les délais d’attente et il réduit le nombre de rendez-vous auxquels les patients ne vont pas (il y a des SMS de rappel). 

L’entreprise, soutenue par BPI, compte 750 salariés, réaliserait un chiffre d’affaires d’environ 100 millions d’euros (elle est discrète là-dessus) mais affiche des pertes pour l’instant (c’est pour cela qu’elle est discrète). Les 150 millions levés doivent faire grandir la société en taille et développer les téléconsultations, explique dans Les Echos, son patron, Stanislas Niox-Château, qui ne prévoit pas (c'est une précision utile) que les patients notent les médecins comme on note les hôtels ou les restaurants.  

C’est donc une réussite ? A confirmer, mais le service commence à être connu. Il devra être rentable aussi, et il doit rassurer sur l’utilisation des données personnelles qu’il collecte (combien de fois va-t-on chez le médecin, lesquels etc. ?)... quelques médecins s'inquiètent de cela. Mais au-delà on voit qu’il y a encore des espaces pour des acteurs français du digital, souvent -disons-le- là où les Américains ne sont pas : le co-voiturage n’intéresse pas les Etats-Unis ; les rendez-vous médicaux en ligne pas trop non plus apparemment. 

Au total, on souhaite donc bonne chance à Doctolib, en espérant que des concurrents viendront chatouiller cet actuel leader pour l’améliorer,

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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