Il y a une petite révolution en ce moment. Les relations s’améliorent entre les enseignants et l’entreprise, il n’y a plus à la tension qu’on a parfois regretté… Vous savez, l’image d’un monde éducatif qui voit l’entreprise comme un enfer et d’un monde économique qui voit l’école comme un boulet ! Des chiens de faïence quoi ! Eh bien, ce sondage OpinionWay réalisé auprès d’un millier d’enseignants de collège et de lycée pour le Réseau national des entreprises pour l’égalité des chances, un dispositif mis en place avec l’Education nationale, ce sondage dit tout à fait autre chose.Quoi précisément, beaucoup d’auditeurs sont tout ouïe ? Ecoutez bien, par exemple que pour 71% des enseignants, l’entreprise n’est pas assez présente à l’école – c’est énorme. On continue : à 76%, ils disent avoir une bonne opinion des entreprises. Et pour finir, les trois quarts des enseignants sont prêts, sont favorables, à l’idée d’un stage obligatoire en entreprise pour mieux leur faire connaître la réalité de l’entreprise. Des murailles de Chine, si elles existaient, tombent.Comment expliquer ces chiffres ? D’abord, il y a clairement un effet de génération. Les enseignants les plus jeunes ont un regard plus favorable sur l’entreprise. Ensuite, on peut penser que la crise a ouvert les yeux dans certains cas, il y a une prise de conscience que c’est l’entreprise qui créé des emplois ; Vu le chômage de masse, l’éducation nationale ne peut pas se bunkériser et affirmer que son rôle se limite à transmettre des valeurs. Elle prépare aussi à l’emploi.Cela étant, il y a encore des préjugés tenaces. Se rapprocher de l’entreprise, oui, avoir une meilleure opinion d’elle, oui, mais pas non plus la voir en rose. L’entreprise reste quand même un milieu hostile. Quand on demande aux enseignants de choisir parmi six concepts pour exprimer l’idée qu’ils en ont, ils citent en premier le stress (90%), avant l’innovation (80%), l’exploitation (62%) et la discrimination. L’épanouissement et la convivialité sont en bas de tableau. Ce n’est plus un lieu de perdition, c’est un lieu où on va parce que l’on n’a pas le choix ! Caricature, quand tu nous tiens ! Tous les Français en entreprise ne vont pas y aller ce matin en se disant : je vais sur mon lieu d’exploitation … Du chemin a été fait, il en reste. Y compris de la part des entreprises qui ne doivent pas voir l’école comme une simple unité de production de compétences. L’école est là pour développer les talents de chacun.Vincent Peillon veut un rapprochement école-économie. Il a créé un conseil spécial, le conseil national éducation économie, présidé par un ancien patron d’Air France, Jean-Cyril Spinetta. Mais comme il ne se réunira que deux fois par an, on ne peut pas compter sur lui. Ce qui compte, c’est l’évolution des esprits et les dizaines de milliers d’enseignants et d’entreprise qui travaillent à ce rapprochement avec passion au quotidien. Mais, on le voit, cela bouge vite.

Pour aller + loin

> L’entreprise, vue par les enseignants

L'intégralité du sondage d'Opinion Way

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