Le projet de loi sur l’activité préparé par Emmanuel Macron a été transmis mardi soir au Conseil d’Etat. On en connaît maintenant le détail.

Exactement, et s’il fallait trouver un qualificatif pour le ministre de l’Economie, ce serait celui de plombier du gouvernement. L’image peut surprendre quand on pense à l’ancien secrétaire général adjoint de l’Elysée qui a passé quelques années dans la banque Rothschild ! Mais son job, c’est celui-là, plombier … Beaucoup de choses fuitent : les comptes publics, le déficit commercial, l’emploi … Lui est chargé de réparer quelques tuyaux de la micro-économie, c’est laborieux, ce n’est pas gratifiant, on prend des coups, mais il y a une noblesse au métier de plombier pour décoincer un certain nombre de blocages.

Et Emmanuel Macron va plus loin que prévu ?

Oui. Il y a un mois, on avait conclu, à ce micro : intéressant, mais pas renversant. En réalité, le nombre de domaines concernés par son texte est élevé. Travail du dimanche et de nuit, professions réglementées comme les notaires, les avocats, etc., permis de conduire, tribunaux de commerce et prud’hommes, transport par autocar ... Mais il y a aussi des articles sur la surveillance des sociétés autoroutières, des simplifications du droit de l’environnement, de l’urbanisme – et il y aura la question des seuils sociaux dans les entreprises (que le patronat et les syndicats se mettent d’accord ou pas). Pour donner un signal à gauche, vient d’être rajoutée la suppression des retraites chapeau des patrons. Le dernier texte aussi varié portait la signature de Christine Lagarde, en 2010. Cela s’appelait la loi de modernisation de l’économie – qui n’a pas suffi.

Ce texte a-t-il de bonnes chances d’être appliqué ?

On a vu –et on verra- des professions s’énerver, manifester. Mais à chaque fois, le gouvernement a clairement évité d’aller trop loin. Il y a du changement mais aussi une certaine prudence sur les sujets. Par exemple, les honoraires des notaires continueront d’être calculés en pourcentage des ventes –en tous cas pour les gros montants. La question qui se pose est plutôt celle du Parlement. Chaque corporation y a ses défenseurs. On verra si Macron a trop chargé la barque ; certains ministres le disent à mots couverts. Macron, lui, a un discours politique tout préparé et pertinent –en tout cas je trouve. La vraie redistribution qui compte, c’est la redistribution des chances , donc l’élimination des rentes. Pour lui, la réforme fiscale a déjà été faite.

Vous avez dit : Macron, plombier du gouvernement ; il aurait tout intérêt –selon vous- à s’impliquer sur un autre chantier pour stimuler la croissance.

La plomberie au sens propre cette fois-ci. On a appris hier que le réseau de distribution d’eau, en France, est en si mauvais état qu’entre 20 et 40% de l’eau injectée dans les canalisations s’échappe dans la nature. Les collectivités locales n’investissent plus. Les entreprises du secteur font leur lobbying, mais le chiffre fait peur !

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