Le Premier ministre, Edouard Philippe, va présenter ce matin sa stratégie pour l’industrie.

 Oui, il va présider une réunion du Conseil national de l’industrie, un organisme qui rassemble des institutionnels, des entreprises et les syndicats. Il va d’abord y affirmer très fort l’importance de l’industrie, dont la part dans l’économie est passé de 16,5 à 12% depuis 2000. En Allemagne, c’est 23%. Que s’est-il passé ? Soyons clair : Il y a eu une mode pour ne parler que des services, juger l’industrie ringarde, et une perte de compétitivité et d’innovation. Du coup, le commerce extérieur est dans le rouge écarlate, la France a raté le train des robots, elle est en train de rater celui de l’intelligence artificielle. Pour ne pas rater celui de la voiture auttonome, une task-force va être créée d'urgence pour faire travailler tous les acteurs, sous le pilotage d’Anne-Marie Idrac, ex-ministre, ex-patronne de la SNCF. Second objectif, définir la politique industrielle sous l'ère Macron. Et c’est : non au colbertisme, oui à l’amélioration de l’environnement industriel. Concrètement, pas question de commander des TGV à Alstom dont la SNCF n’a pas besoin -suivez mon regard- mais il s'agit de lever des blocages, ici les impôts de production, là les prix de l’énergie. Enfin, Edouard Philippe expliquera que l’Etat va se donner les moyens d’être moins naïf sur le rachat d’entreprises françaises par des groupes étrangers. Récemment, Alstom, Lafarge, Technip, Alcatel ont changé d’actionnariat. Mais il aura à défendre la fusion controversée entre Alstom Transport et Siemens.   

Et on parle de nouveaux allègements sociaux pour les entreprises.   

Bruno Le Maire, ministre de l’économie, a souhaité hier les muscler pour les salariés qualifiés -alors qu’aujourd’hui ces allègements de cotisations vont jusqu’à 2,5 Smic. Il pense qu’il ne suffit pas d’aider la création d’emplois non qualifiés si on veut améliorer la compétitivité. De fait, bientôt, il y aura zéro charge au niveau du Smic contre 45% par exemple à trois smic. Edouard Philippe confirmera bien qu’une réflexion est ouverte, comme l’indique Les Echos. Cela ouvrira un débat parce que le coût du travail dans l’industrie est inférieur au niveau allemand. En tout état de cause, c’est un sujet pour 2019 au plus tôt, et qui coûterait 3 milliards d’euros. Ce sera donc un des feuilletons de 2018.

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