Le CAC 40 n'est plus très loin des 6.000 points, niveau inégalé depuis .... 2007. Mais les valorisations de tête ne sont plus du tout les mêmes. Les secteurs incertains sont en bas de tableau, de nouveaux gagnants sont apparus.

Bernard Arnault, CEO de LVMH
Bernard Arnault, CEO de LVMH © Getty / Chesnot

Le CAC40 renoue ces jours-ci, en Bourse, avec des niveaux records. C’est une information qui échappe peut-être, sait-on jamais (!) à quelques-uns de nos auditeurs distraits : l’indice CAC40 s’approche de la barre des 6.000 points… et une partie des milieux économiques et financiers guettent cela avec gourmandise.

Mardi, la Bourse s’en est approchée à un poil, avant de flancher - et mercredi a démarré la journée sur une pente descendante. Mais sur les derniers mois, la pente est droite et forte et le cap des 6 000 points - donc - est à portée de main. Il suffirait d’un accord commercial entre Washington et Pékin qui doperait (comme on dit) le moral des investisseurs

La dernière fois que ce cap des 6.000 points a été franchi, c’était en 2007, il y a douze ans, avant la crise financière. Comme le taux de chômage, la Bourse et les entreprises ont presque effacé dix années de stagnation, les taux d’intérêt ultra-bas jouant dans les deux cas un rôle décisif. Mais le point important est que derrière ce cap, qui n’est en réalité qu’un point immatériel, beaucoup de choses ont changé dans ce CAC40. 

Le palmarès des capitalisations n’est plus le même

On rappelle : la capitalisation d’une entreprise est le multiple de la valeur de chaque action par le nombre d’actions. Eh bien, il y a douze ans, Total, Sanofi, BNP, Suez, Orange, Axa et Arcelor-Mittal étaient en tête du classement, dans cet ordre. Bref, l’énergie et la finance. 

Hier soir, on avait LVMH, L’Oréal, Total, Airbus, Sanofi, Hermès et Kering. La valorisation de LVMH dépasse désormais les 200 milliards d’euros, c’est la première française, la première ou deuxième de la zone euro avec Shell, et elle se situe, si on regarde le continent européen dans son ensemble, juste derrière Nestlé et le laboratoire Roche - entreprises suisses donc hors zone euro. LVMH, L’Oréal, Hermès, Kering : le luxe ou le cosmétique truste quatre des sept premières places. 

Qu’est-ce que cela signifie ? 

Cela signifie que les secteurs sur lesquels plane une incertitude, comme la distribution et l’automobile, sont peu appréciés en Bourse. Carrefour, Renault et PSA sont ainsi au fond du classement alors que ces entreprises sont bien plus grosses que le luxe. 

Cela signifie que le luxe, justement, tient le haut du pavé avec l’enrichissement des classes moyennes supérieures partout dans le monde. 

Cela signifie enfin que les entreprises familiales, bâties patiemment et contrôlées par des dynasties, Arnault, Bettencourt, Hermès et Pinault, sont un modèle résistant. 

Mais bien sûr personne ne sait ce que réserve la bourse : attention, cette chronique n’est en aucun cas un conseil boursier !

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