Une des entreprises les plus connues au monde, Apple, a publié hier ses résultats. Des résultats tellement historiques que son patron, Steve Jobs, est sorti de son silence habituel.

Ce qui ne l’a pas empêché de se montrer assez arrogant avec ses concurrents, comme il l’est parfois ! Mais c’est vrai que ses résultats sont tout simplement remarquables. Au cours de l’exercice clos le 30 septembre, Apple, la firme à la Pomme, a enregistré une hausse sur un an de 51% de son chiffre d’affaires. C’est énorme, et lui permet de doubler Microsoft (le géant des logiciels) et d’avoir, au moins pour le dernier trimestre, des bénéfices plus élevés qu’IBM, l’icône de l’informatique –IBM qui a publié ses résultats en même temps d’Apple, ce qui était vraiment une mauvaise idée parce que personne n’en a parlé. Evidemment, ce qui tire les ventes de l’entreprise de Steve Jobs, ce sont les IPhone (14 millions vendus ces trois derniers mois) et le décollage de l’IPad, la tablette tactile. Il s’en est vendu 7 millions et demi depuis son lancement –et il faut rappeler qu’elle coûte cher (surtout en Europe) : 600 euros avec une carte 3G ! Il faut redire ce qu’est le modèle gagnant d’Apple. Cela tient en trois mots : Innovation, Intégration et... Désintégration.

Innovation : pas seulement avec la simplicité des produits ou leur design, mais avec l’idée d’avoir un temps d’avance. C’est Apple qui a démocratisé le numérique et l’Internet Mobile auprès des particuliers. Avec l’IPad, ce sont les entreprises qui sont séduites, elles font travailler leurs cadres en réseau.

Intégration : la rupture est totale avec ce qui se faisait jusqu’à maintenant puisque le consommateur, chez Apple, bénéficie d’une offre complète, intégrée. Le matériel, le logiciel, les services, tout est signé Apple.

Enfin, la Désintégration de la chaîne de fabrication. Apple s’occupe de la conception des produits, de leur marketing, un peu de la vente mais c’est tout. La production et la logistique se font ailleurs, surtout en Chine. Donc, Apple est au sommet.

Cela va-t-il durer ?

Au sommet pour une entreprise qui était très petite il y a quelques années. Ce qui est vrai est que dans ce secteur, on est toujours menacé. Au sommet ou sur la pente descendante. Notamment parce que les « barrières à l’entrée » sont faibles, en clair, il faut peu d’argent pour se faire une place et grimper si vous avez l’idée de génie. Sony, par exemple, qui a longtemps été une star avec ses baladeurs, s’est banalisé. Nokia a été le roi des téléphones portables, il est concurrencé de partout. Si je voulais faire de la concurrence à la chronique musicale de Didier Varrod, je reprendrais le vieux tube du groupe Abba pour dire que, dans la high tech, the winner takes it all (le gagnant rafle toute la mise) !

Quelles sont les menaces pour Apple ?

D’abord, Steve Jobs, le patron emblématique, est malade. Ensuite, quand vous êtes le leader, les suivants cherchent à vous rattraper, ils vont imiter l’IPad pour moins cher. Enfin, Apple est critiqué : est-ce une bonne entreprise américaine ? Elle emploie 25 000 personnes aux Etats-Unis, mais dix fois plus en Chine. Cela dit, il ne faut pas s’inquiéter pour elle : ce qu’elle a réussi ces dernières années est exceptionnel. Et moi, je ne suis pas mécontent, j’ai réussi à parler d’autre choses que des retraites !

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