Vous nous apportez ce matin une bonne nouvelle : les fermetures d'usines commencent à ralentir en France. Oui, Les Échos publient la dernière étude du cabinet Trendeo dont la spécialité est de comptabiliser scrupuleusement les ouvertures et les fermetures d'usines en France. La bonne nouvelle, c'est celle-là : cette année, en 2014, il y a un peu moins de fermetures d’usines, et un peu plus d'ouvertures, d'installations, qu'il y a un an. Soyons précis. On recense 119 créations, contre 90 l'an dernier ; et on peut lister 153 usines qui ont fermé leurs portes, contre 204. Évidemment, on le voit, il y a toujours plus de fermetures que d'ouvertures, mais l'écart se réduit un peu. Tant mieux.

Avez-vous des exemples concrets ?

A Lacq, dans les Pyrénées-Atlantiques, le japonais Toray a mis sur la table 120 millions d'euros pour construire une usine qui produira du polyacrylonitrile, la matière première de la fibre carbone. Il y a 150 emplois à la clé. Près de Bourges, le missilier MBDA a inauguré en juillet sa première usine de démantèlement de munitions complexes : 12 millions d'euros sont investis. Au printemps, le breton Altho a ouvert un site de production de chips en Ardèche, avec une soixantaine de salariés. Voilà du concret !

Qu'est ce qui explique ce léger mieux ?

Il y a la thèse du verre à moitié vide : la France industrielle s'est tellement vidée de son sang que cela ne peut que aller mieux. Les usines les plus fragiles ont déjà disparu. On sait qu’en six ans, plus de 300.000 emplois industriels se sont envolés ... Mais on n'est pas obligé de ne voir que ce verre-là. Si on regarde l’autre moitié, la France, bien située, un grand marché, avec des salariés bien formés, attire toujours ! Et puis, allez, peut-être y a t-il un effet CICE ? Les investisseurs commencent à se dire que la France a décidé de prendre le taureau par les cornes pour redresser sa compétitivité. Signe intéressant : grâce au crédit d'impôt compétitivité, le coût horaire du travail est repassé sous le coût allemand ces derniers mois.

Est-ce que cette tendance va se poursuivre ?

Il ne faut pas s'emballer ! Je vous donne un exemple : Le groupe PSA vise un million de voitures produites en France d'ici trois ans, 500.000 de moins qu'en 2007... Cela étant, si cette tendance se confirme, cela validerait l'idée que la France doit donner la priorité à sa compétitivité, à rebours des idées de ceux qui pensent -comme Martine Aubry- qu'elle doit distribuer de l'argent public pour soutenir la consommation. Au-delà de cela, ces éléments de Trendeo confirment que l'économie, sous la surface de l'eau bouillonne, est un mouvement constant de créations et de destructions de produits, de services, de lieux de production, d’emplois, qui naissent et disparaissent. Mais cela, c'est vrai depuis que l'économie existe.

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